Rwanda - Prison à vie requise contre le héros du film «Hôtel Rwanda»
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RwandaPrison à vie requise contre le héros du film «Hôtel Rwanda»

Paul Rusesabagina, qui a sauvé plus de 1000 personnes pendant le génocide, est jugé pour «terrorisme». Le parquet a requis jeudi à son encontre la perpétuité.

Paul Rusesabagina est poursuivi notamment pour son soutien présumé au Front de libération nationale, un groupe rebelle accusé d’avoir mené des attaques meurtrières au Rwanda. Il nie ces accusations.

Paul Rusesabagina est poursuivi notamment pour son soutien présumé au Front de libération nationale, un groupe rebelle accusé d’avoir mené des attaques meurtrières au Rwanda. Il nie ces accusations.

REUTERS

La prison à vie a été requise jeudi contre Paul Rusesabagina, héros du film «Hôtel Rwanda» jugé depuis mi-février pour «terrorisme» à Kigali dans un procès qualifié de politique par la défense de cet opposant au président Paul Kagame, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.

Paul Rusesabagina a été rendu célèbre par ce film sorti en 2004, qui raconte comment l’ancien directeur de l’hôtel des Mille Collines à Kigali, un Hutu modéré, a sauvé plus de 1000 personnes au cours du génocide de 1994 qui a tué 800’000 Rwandais, principalement des Tutsis.

Féroce critique du régime du président Paul Kagame, il est aujourd’hui visé par neuf chefs d’accusation, dont celui de terrorisme, pour son soutien présumé au Front de libération nationale (FLN), groupe rebelle accusé d’avoir mené ces dernières années des attaques meurtrières au Rwanda. Il est jugé avec 20 autres coaccusés.

Paul Rusesabagina a participé à la fondation en 2017 du Mouvement rwandais pour le changement démocratique (MRCD), dont le FLN est considéré comme le bras armé. Mais il a toujours nié son implication dans des attaques menées en 2018 et 2019 qui ont fait neuf morts.

Un procès qualifié de «farce» par ses proches

«Nous avons montré que chaque acte de Rusesabagina était de nature criminelle avec l’intention de commettre des actes de terrorisme», a déclaré l’un des procureurs, Jean Pierre Habarurema.

«En tant que dirigeant, soutien et partisan du MRCD/FLN, il a encouragé et permis aux combattants de commettre ces actes terroristes contre le Rwanda. Même s’il n’a pas participé activement à ces attentats, il est considéré comme ayant joué un rôle simplement en étant un soutien de ces combattants», a-t-il affirmé.

Sa défense et ses proches ont au contraire estimé, dans un communiqué de la Fondation Hôtel Rwanda, que «le gouvernement rwandais n’a présenté aucune preuve» durant les quatre mois de procès, qualifié de «farce» destinée à «le faire taire». Ils n’ont cessé de dénoncer un procès politique et des mauvais traitements. Ils accusent également le régime rwandais de l’avoir fait enlever.

Paul Rusesabagina vivait en exil depuis 1996 aux États-Unis et en Belgique, pays dont il a obtenu la nationalité. Il a été arrêté fin août au Rwanda dans des circonstances troubles, à la descente d’un avion qu’il pensait être à destination du Burundi. Dans une interview à Al-Jazira fin février, le ministre rwandais de la Justice avait indiqué que le gouvernement avait financé l’opération.

(AFP)

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