Genève: Prison à vie requise contre le tueur de deux sexagénaires
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GenèvePrison à vie requise contre le tueur de deux sexagénaires

La procureure a retenu la gravité du crime. En 2012, un homme avait étranglé ses victimes, dans leur appartement.

La plus lourde peine de prison prévue par le Code pénal, a été requise contre l'accusé.

La plus lourde peine de prison prévue par le Code pénal, a été requise contre l'accusé.

Archives, Keystone

Devant le Tribunal criminel de Genève, la procureure Anne-Laure Huber a requis mercredi la prison à vie à l'encontre d'un Roumain de 39 ans qui avait tué sauvagement en novembre 2012 un couple de sexagénaires à son domicile.

La représentante du Ministère public a relevé la gravité exceptionnelle d'un crime jusqu'à ce jour unique dans les annales genevoises.

«Nous avons eu deux assassinats brutaux en une soirée», a souligné Anne-Laure Huber. Aux yeux de la magistrate, rien ne peut expliquer un tel déchaînement de violence. L'accusé a d'abord étranglé le mari de 66 ans, avec qui il venait d'avoir une relation sexuelle, avant de s'en prendre à sa femme de 64 ans, qui revenait de son cours de gym.

Le fait de s'être retrouvé dans la peau d'un prostitué et d'avoir dû faire quelque chose de déplaisant et d'humiliant contre de l'argent ne dédouane pas le prévenu de ses actes. La procureure a rappelé que l'accusé était conscient de la situation et de ce que la victime attendait de lui quand il est monté dans son appartement.

Mobile futile

Pour Anne-Laure Huber, une bagarre a probablement éclaté à cause d'un litige sur la somme à payer pour la prestation sexuelle, ou parce que le sexagénaire a traité l'accusé d'impuissant, car il n'a pas pu avoir d'érection. «Tuer pour 50 francs ou parce que l'on a été insulté est un mobile futile et odieux», a déclaré la procureure.

Selon l'accusation, le sexagénaire a été étranglé pendant au moins trois minutes. L'accusé a lâché sa proie une fois que le corps est devenu mou. «Ce n'est pas un accident», a insisté Anne-Laure Huber. L'épouse du couple, de son côté, a vécu «l'enfer». Elle a été «massacrée».

Son seul tort était d'être un témoin gênant. Le prévenu l'a d'abord assommée d'un coup de poing, puis l'a étranglé une première fois. Il est revenu à la charge une deuxième fois en serrant la sangle d'une sacoche autour de son cou. Il a ensuite déshabillé sa victime, peut-être par esprit de vengeance, a noté Anne-Laure Huber.

Voleur aussi

La représentante du Ministère public n'a pas eu de mots assez durs pour décrire le comportement du prévenu après ses meurtres. L'homme a fouillé l'appartement du couple avec minutie et volé ce qui pouvait l'être. Il a même arraché le collier que la femme portait et a fumé une cigarette au-dessus du cadavre du mari.

L'enfance difficile que l'accusé dit avoir vécu ne peut expliquer les actes «horribles» qu'il a commis, a estimé Anne-Laure Huber. L'absence de préméditation n'est pas non plus un élément à décharge et qui doit lui permettre d'échapper à la plus lourde peine de prison prévue par le Code pénal, a indiqué la magistrate.

(ats)

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