Actualisé 14.06.2018 à 08:53

Prison avec sursis pour les ravisseurs de Cortaillod (NE)

Justice

Le tribunal criminel de Boudry a rendu à l’instant son verdict dans l’affaire des quatre jeunes qui avaient kidnappé un étudiant neuchâtelois et menacé sa famille de mort en 2015, en vue d’une rançon de 3,2 millions de francs.

Dessin d'audience des quatre jeunes qui comparaissaient devant le tribunal criminel de Boudry (NE).

Dessin d'audience des quatre jeunes qui comparaissaient devant le tribunal criminel de Boudry (NE).

Lors de son réquisitoire, mardi, le procureur Fabrice Haag se disait «frappé» par le caractère «réfléchi, planifié, organisé et même répété avant le passage à l’acte» du rapt de Cortaillod (NE). Mais aussi par la dimension «méchante» du mobile: Nicolas*, alors étudiant en économie à l’Université de Neuchâtel, aurait non seulement été enlevé en raison de la fortune de son père, mais aussi parce que les quatre ravisseurs n’«aimaient pas trop» ce «vantard plein de pognon à la vie facile et à la langue trop pendue».

Résultat: l’otage – braqué alors qu’il rentrait à son domicile au moyen d’armes factices – avait été conduit dans en bordure de la forêt voisine de Bevaix, où l’intéressé avait été contraint de lire par téléphone à son géniteur un texte faisant état de menaces de mort sur leur famille. Nicolas avait cependant été relâché dans la foulée à proximité d’un garage, et ce malgré le fait que le millionnaire avait refusé d’entrer en matière sur une rançon de 3,2 millions de francs (qui devait être remise six jours plus tard au cœur des Arènes d’Avenches).

Le représentant du Ministère public avait cependant rappelé devant le tribunal criminel de Boudry que le jeune âge du quatuor (20 à 26 ans au moment des faits, remontant au mois de novembre 2015) allait devoir «peser lourd» dans la fixation d’une peine clémente, tout comme les situations personnelles de chacun des ravisseurs (emplois stables ou diplômes décroché dans l’intervalle).

Les trois juges ont rendu leur verdict à l’instant: 24 à 18 mois de prison avec sursis (peines identiques à celles requises par le procureur Haag), pour enlèvement et séquestration, ainsi qu’extorsion et chantage par brigandage. Les indemnités pour tort moral demandées par Nicolas et son père (respectivement 15'000 fr. pour l’otage et 5000 fr. pour le millionnaire) ont été revues à la baisse: 3500 et 1500 fr.

Au total, les quatre condamnés n’auront donc passé que neuf jours derrière les barreaux, à l’époque de leur arrestation; le jour prévu pour la remise de la fameuse rançon. Laquelle n’avait jamais été versée; le sexagénaire ayant appelé la police plutôt que de se rendre aux Arènes d’Avenches…

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