Genève: Prison ferme pour avoir fait chanter un Saoudien

Actualisé

GenèvePrison ferme pour avoir fait chanter un Saoudien

L'auteur principal d'une tentative d'extorsion à la sextape a écopé d'une peine de 4 ans. Ses complices ont pris 6 mois.

Illustration, Keystone

Le Tribunal correctionnel de Genève a condamné vendredi à 4 ans de prison ferme un homme qui avait tenté de faire chanter un touriste saoudien, en été 2015, par le biais d'une «sextape».

Ses deux comparses impliqués dans ce plan ont été moins lourdement sanctionnés. L'un a été condamné à 2 ans et demi de prison, dont 6 mois ferme et l'autre à 3 ans, dont 6 mois ferme.

Tous ont été reconnus coupables de tentative d'extorsion et de chantage, de violation du domaine privé au moyen d«un appareil photo, de tentative et d'acte d'ordre sexuel avec mineur contre rémunération.

Pour le Tribunal, la faute de l'ensemble des prévenus est lourde car ils ont agi par «pur appât du gain sans considération pour les plaignants». Les juges ne retiennent aucune circonstance atténuante pour ces hommes qui ont participé à un plan fomenté pour piéger un riche homme d'affaires en vacances à Genève.

Ils réclament un million

En août 2015, le trio met le Saoudien en relation avec une prostituée, présentée comme majeure. La jeune fille, qui n'a juste pas 18 ans, est complice. Elle filme leurs ébats avec son téléphone portable, dissimulé dans son sac.

Le client reçoit ensuite une clé USB contenant ces images avec une demande de rançon d'un million de francs pour que ce film ne soit pas transmis à la police genevoise.

L'homme choisit de mettre sa femme au courant de la situation et dépose plainte auprès de la police.

Flagrant délit

Une dizaine de jours passent, ponctués d'appels téléphoniques menaçants. La somme exigée passe de 1 million à 200'000 francs. Après une première tentative avortée, un rendez-vous est finalement fixé pour que l'épouse remette la rançon. Le trio est alors arrêté en flagrant délit. Ce scénario a impliqué au total onze personnes.

Pour le Tribunal, le principal prévenu, qui a déjà un casier judiciaire, a joué le rôle du coordinateur et de coach pendant les appels téléphoniques. Il a aussi donné les instructions. L'autre informait ses comparses des réactions des plaignants et a amené la jeune fille dans la chambre pour la relation tarifée. Le troisième gérait les aspects logistiques et était «la voix» du chantage.

Tort moral refusé

Les juges ont accordé 3000 francs de tort moral à l'épouse du Saoudien, qui a été très affectée par cette affaire. Le Tribunal relève toutefois que le comportement du mari n'y est pas étranger. En revanche, les juges n'ont octroyé aucune indemnité pour tort moral à l'époux, qui n'a pas subi une atteinte particulièrement grave à cause de cette tentative d'extorsion.

Selon les juges, il déplorait surtout la détresse de son épouse et «ses vacances ratées» à cause de ce chantage. Scandalisés par cette argumentation, les avocats de l'époux ont annoncé un appel.

«Nous sommes satisfaits du verdict, mais il est choquant que les juges ne prennent pas la mesure de la souffrance vécue par nos clients, restés à la merci de ces maîtres-chanteurs professionnels pendant plusieurs semaines», ont indiqué les avocats des plaignants, Me Romain Jordan et Me Thomas Barth.

(ats)

Ton opinion