Actualisé 05.06.2015 à 14:17

Procès à GenèvePrison ferme pour les deux chauffards de Vernier

Les deux chauffards qui ont provoqué un accident en décembre 2012 sur la route de Vernier et tué un conducteur ont été reconnus coupables d'homicide par négligence.

Prison ferme pour les chauffards de Vernier.

Prison ferme pour les chauffards de Vernier.

Archives/photo d'illustration, Keystone

Le Tribunal correctionnel de Genève n'a pas retenu, ce vendredi 5 juin, le meurtre par dol éventuel à l'encontre des deux accusés du drame routier de Vernier (GE), lors duquel un automobiliste de 28 ans avait été tué. Les deux prévenus ont été condamnés à des peines fermes pour homicide par négligence.

L'étudiant genevois de 23 ans, qui avait percuté avec sa voiture le véhicule à l'arrêt de la victime à plus de 100 km/h, écope de trois ans de prison, dont six mois ferme, le reste de la peine étant assorti du sursis. Le tribunal a retenu à son encontre une responsabilité faiblement diminuée et le repentir sincère.

Le videur brésilien de 34 ans, qui avait manœuvré pour empêcher l'étudiant de le dépasser, a pour sa part été condamné à 4 ans et demi de prison ferme. Son manque de collaboration, son refus d'admettre sa responsabilité ont joué en sa défaveur. Les juges ont aussi estimé que sans lui, l'accident ne se serait pas produit.

Coup de volant fatal

Juste avant de percuter la voiture de la victime qui se trouvait sur une voie de présélection pour tourner, l'étudiant a donné un coup de volant à gauche. Le Tribunal correctionnel a estimé que cette manœuvre, qui a mené à l'accident, a été effectuée parce que le jeune homme a voulu éviter une collision avec la voiture du videur.

La lourdeur de la sanction qui frappe l'automobiliste brésilien s'explique aussi par ses antécédents au volant. A plusieurs reprises, l'homme avait été sanctionné pour des vitesses excessives. Son permis lui a même été retiré, ce qui ne l'a pas empêché de conduire.

«Il n'a aucunement pris conscience de sa responsabilité dans le décès de la victime», ont déploré les juges du tribunal correctionnel. Pendant toute la procédure, le prévenu s'est par ailleurs défilé, minimisant son rôle et changeant ses déclarations en fonction des nouveaux éléments révélés par l'enquête.

L'étudiant genevois a en revanche collaboré avec la justice. La nuit du drame, il ne comptait pas rentrer chez lui en voiture. Il a pris le volant sur un coup de tête, sous l'emprise de l'alcool et du cannabis, énervé d'avoir été éconduit par une fille dans une discothèque.

«Rien n'indiquait une volonté d'homicide ou le fait de s'accommoder du risque de tuer», a relevé le Tribunal correctionnel. Le meurtre par dol éventuel ne peut pas non plus être retenu à l'encontre du plus âgé des prévenus. Il pouvait penser, que, n'arrivant pas à le dépasser, l'étudiant se rabattrait, ont noté les juges.

Une veuve effondrée

La veuve de la victime, fortement affectée par le drame qui lui a enlevé son mari, a hurlé son incompréhension en sortant de l'audience de jugement. Son avocat Claudio Fedele a annoncé faire appel de la décision. L'avocat de la famille de la victime, Robert Assaël, a indiqué faire de même.

L'effroyable accident s'est produit en décembre 2012, aux petites heures du matin, à Vernier. La victime, agent de sécurité, rentrait de son travail. Au volant de sa voiture, elle s'était arrêtée à un feu rouge pour tourner à gauche. Elle n'a pas eu le temps de voir débouler derrière elle la voiture de l'étudiant, à plus de 100km/h.

Le choc a été terrible. La voiture de la victime a été projetée à 60 mètres et a ensuite pris feu. Le Ministère public genevois a soutenu la thèse de la course-poursuite entre l'étudiant et le videur. Le Tribunal ne l'a pas suivi sur ce chemin. A Genève, jamais encore un automobiliste n'a été condamné pour meurtre par dol éventuel.

(ats)

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