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LogementsPrix de l'immobilier: le Conseil fédéral doit-il intervenir?

Le Conseil fédéral empoigne la question du prix de l'immobilier. Il veut créer un indice national en la matière. Bien, mais peut mieux faire, dit l'association des locataires.

par
Lise Bailat
Le secrétaire général de l'ASLOCA romande, Carlo Sommaruga, estime que toutes les transactions immobilières devraient être publiées.

Le secrétaire général de l'ASLOCA romande, Carlo Sommaruga, estime que toutes les transactions immobilières devraient être publiées.

Salvatore Di Nolfi/Keystone

On devrait y voir bientôt plus clair sur l'un des marchés les plus juteux de Suisse. Le Conseil fédéral s'est décidé hier à créer un indice des prix de l'immobilier. Et pour cause: il n'existe aujourd'hui aucun chiffre neutre en la matière. Vous voulez savoir comment les prix ont évolué sur l'arc lémanique? Combien coûte un 3,5 pièces en moyenne en Valais? Comment évoluera l'offre à Fribourg? Impossible. Seuls des indices privés élaborés par les banques ou d'autres acteurs du marché existent. «Pour faire des pronostics exacts, il nous faut des données exactes», indique le président du Parti bourgeois démocratique, Martin Landolt, qui a lancé l'idée de créer un indice national.

«Mieux pour tous»

Mais qui en profitera au final? «C'est un premier pas important vers davantage de transparence. Le but de tout cela, c'est de savoir combien le locataire doit payer à la fin du mois», estime Pierre Heegaard, collaborateur scientifique à l'Office fédéral des logements. Le secrétaire général de l'ASLOCA romande, Carlo Sommaruga, est moins enthousiaste. «Globalement, je suis favorable à cet outil. Pour le locataire, il pourra faciliter les calculs d'adaptation des loyers. Mais ce n'est toujours pas suffisant. Il faudrait, comme à Genève, que l'ensemble des transactions immobilières soit publié.»

Qui sera le grand gagnant alors, les propriétaires? «On sera tous gagnants!» affirme le secrétaire général de la Fédération romande immobilière et conseiller national (PLR/VD) Olivier Feller. «Regardez aujourd'hui: les acteurs de l'immobilier ont tendance à dire qu'il y a un ralentissement dans la vente. En parallèle, le dernier indice UBS indique qu'on s'approche d'une zone à risque, d'une bulle! N'est-ce pas contradictoire? Un indice fiable profitera à tout le monde.» La Confédération a trois ans pour le concrétiser.

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