Actualisé

UkrainePro-russes dans la rue et tensions en Crimée

Une grande manifestation pro-russe se tient samedi à Donetsk, bastion russophone de l'est de l'Ukraine. Plusieurs milliers de manifestants étaient rassemblés.

1 / 147
Après avoir annoncé un cessez-le-feu «sous peu», Petro Porochenko a également promis mercredi l'amnistie «à ceux qui déposeront les armes et à ceux qui n'auront pas commis de crimes graves». (18 juin 2014)

Après avoir annoncé un cessez-le-feu «sous peu», Petro Porochenko a également promis mercredi l'amnistie «à ceux qui déposeront les armes et à ceux qui n'auront pas commis de crimes graves». (18 juin 2014)

AFP
Didier Burkhalter: «Nous avons besoin d'un cessez-le-feu pour les élections», a déclaré le président de l'OSCE à l'aéroport de Vienne, où se tenait une conférence des ministres des affaires étrangères du Conseil de l'Europe. (6 mai 2014)

Didier Burkhalter: «Nous avons besoin d'un cessez-le-feu pour les élections», a déclaré le président de l'OSCE à l'aéroport de Vienne, où se tenait une conférence des ministres des affaires étrangères du Conseil de l'Europe. (6 mai 2014)

Keystone
A la tête de l'OSCE, Didier Burkhalter va rencontrer Vladimir Poutine mercredi à Morscou par parler de la crise ukrainienne. (6 mai 2014)

A la tête de l'OSCE, Didier Burkhalter va rencontrer Vladimir Poutine mercredi à Morscou par parler de la crise ukrainienne. (6 mai 2014)

Keystone

Des milliers de partisans de la Russie se mobilisaient samedi dans les rues des bastions russophones de l'est de l'Ukraine. Les tensions restent par ailleurs vives entre soldats ukrainiens et forces russes qui contrôlent la Crimée, où le Parlement local défie l'autorité de Kiev.

A Donetsk, une foule de plusieurs milliers de manifestants s'est rassemblée en début d'après-midi sur la place Lénine, brandissant des drapeaux de la Russie ou de la «Russie de Kiev», berceau historique des États slaves d'Ukraine, de Russie et du Bélarus.

Plusieurs centaines de manifestants ont ensuite pris la direction du siège de l'administration régionale, protégé par des dizaines de policiers.

Donetsk, capitale du Donbass, un bassin minier frontalier de la Russie, a déjà connu plusieurs jours de tensions entre partisans de Moscou et défenseurs de l'unité de l'Ukraine. Les partisans d'un ralliement à Moscou ont occupé pendant trois jours l'administration régionale et avaient hissé le drapeau russe blanc bleu rouge, avant d'être délogés par la police jeudi.

Manifestations rares

A Kharkiv, autre centre industriel de l'Ukraine, plus de 4000 manifestants pro-russes manifestaient également samedi dans le centre de la ville en agitant des drapeaux russes ou du «Bloc russe». Ce mouvement politique pro-russe appartient au «Premier ministre» de la région séparatiste de Crimée, Sergiï Axionov.

Dans la péninsule de Crimée, passée fin février sous le contrôle des forces russes et où le Parlement local a annoncé un référendum le 16 mars pour le rattachement de la région à la Russie, une manifestation a réuni 300 partisans de l'intégrité de l'Ukraine.

Le chiffre peut paraître faible, mais les manifestations anti-séparatistes sont très rares en Crimée. La plupart des manifestants à Simféropol étaient des femmes, sorties «dans la rue avec leurs enfants pour protester contre l'intervention des forces russes en Crimée», selon l'une d'entre elles, Elvina.

Menace de suspension d'inspections

Sur la scène diplomatique, malgré d'intenses consultations toute la semaine, Occidentaux et Russes n'ont pas réussi à trouver une issue à la pire crise dans leurs relations depuis la chute de l'URSS.

Et, alors que chaque protagoniste réfute l'idée d'une nouvelle Guerre froide, la Russie a annoncé samedi réfléchir à une suspension des inspections étrangères de son arsenal d'armes stratégiques, y compris les missiles nucléaires, en réponse aux «menaces» venant des Etats-Unis et de l'Otan.

Ballet diplomatique

Un peu plus tôt, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, en pointe dans le dossier ukrainien, rencontrant trois fois en deux jours son homologue américain John Kerry. Il affirmait que la Russie était ouverte à un dialogue «honnête, d'égal à égal» avec les puissances étrangères.

Pour sa part, Kiev a répété être prêt à «des contacts à tous les niveaux» avec Moscou. Et le nouveau pouvoir a évoqué de nouveau la création d'un «groupe de contact» avec les Européens et la Russie pour trouver une sortie de crise.

«Il y a une compréhension par les Russes de la nécessité de créer un groupe de contact», a affirmé le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Dechtchitsa. Vendredi soir, le président américain Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel avaient évoqué au téléphone «la nécessité pour la Russie d'accepter rapidement la formation d'un groupe de contact», selon la Maison Blanche.

Menace de Gazprom

Interrogé sur le risque que Moscou coupe le robinet de gaz à l'Ukraine, le chef de la diplomatie ukrainienne a répondu par une boutade: «S'ils coupent, nous nous chaufferons au bois, ou nous vivrons sans chauffage, c'est le printemps».

Moscou a en effet menacé d'avoir recours à l'arme énergétique. Le géant russe Gazprom a mis en garde Kiev contre une interruption de ses exportations de gaz si le nouveau pouvoir ne s'acquittait pas au plus vite de ses quelque deux milliards de dollars de dette.

En 2009, dans une situation similaire, Moscou avait fermé le robinet du gaz, perturbant l'approvisionnement de plusieurs pays européens.

(AFP)

Ton opinion