France: Procès «Charlie»: «On a tiré sur moi deux balles»

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FranceProcès «Charlie»: «On a tiré sur moi deux balles»

Le webmaster de «Charlie Hebdo» Simon Fieschi décrit devant les juges ce mercredi les séquelles «à vie» provoquées par le tir à l’arme de guerre qui l’a touché.

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Ali R. (en haut à droite) a été condamné à trente ans de réclusion criminelle. (Mercredi 16 décembre 2020, photo d'archives)

Ali R. (en haut à droite) a été condamné à trente ans de réclusion criminelle. (Mercredi 16 décembre 2020, photo d'archives)

AFP
Ali R., principal accusé au procès des attentats de janvier 2015, a clamé lundi une dernière fois son innocence. (Lundi 14 décembre 2020, image d'archives)

Ali R., principal accusé au procès des attentats de janvier 2015, a clamé lundi une dernière fois son innocence. (Lundi 14 décembre 2020, image d'archives)

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Le parquet national antiterroriste français a requis entre 5 ans de prison et la perpétuité à l'encontre des accusés, au procès des attentats de janvier 2015 contre l’hebdomadaire satirique «Charlie Hebdo» et la supérette juive Hyper Cacher. (Mardi 8 décembre 2020)

Le parquet national antiterroriste français a requis entre 5 ans de prison et la perpétuité à l'encontre des accusés, au procès des attentats de janvier 2015 contre l’hebdomadaire satirique «Charlie Hebdo» et la supérette juive Hyper Cacher. (Mardi 8 décembre 2020)

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«Une fatigue abyssale qui ne disparaît jamais»: grièvement blessé dans l’attaque contre Charlie Hebdo, Simon Fieschi a décrit mercredi, au procès des attentats de janvier 2015 en France, les séquelles «à vie» provoquées par le tir à l’arme de guerre qui l’a touché.

Webmaster pour l’hebdomadaire satirique, celui qui se décrit comme un «survivant» est le premier sur lequel ont tiré les frères Chérif et Saïd Kouachi quand ils sont entrés dans les locaux du journal et commis leur massacre, le 7 janvier 2015.

«On a tiré sur moi deux balles, dont une m’a touché au cou et sur son chemin a touché ma colonne vertébrale, et a comprimé ma moelle épinière», a détaillé Simon Fieschi, debout face à la cour d’assises spéciale de Paris.

Le webmaster de «Charlie Hebdo» Simon Fieschi (C),a été touché par deux balles lors de l’attentat contre le journal.

Le webmaster de «Charlie Hebdo» Simon Fieschi (C),a été touché par deux balles lors de l’attentat contre le journal.

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Placé dans le coma à son arrivée à l’hôpital, Simon Fieschi, 36 ans aujourd’hui, apprendra «ce qui s’est passé une semaine après». Il a été hospitalisé durant neuf mois et se déplace toujours à l’aide d’une béquille.

Les mains jointes devant lui, de grosses cernes sous les yeux, il est revenu sur son long travail de rééducation, et les différentes séquelles d’un tir de kalachnikov, physiques comme psychologiques.

«J’essaierai d’être un peu synthétique», a-t-il lancé, en réponse à Me Isabelle Coutant Peyre, l’avocate d’un des principaux accusés, qui a demandé que les témoignages de parties civiles soient «synthétisés» afin que les audiences aient une durée raisonnable.

«Les douleurs sont à vie, on ne peut pas s’en débarrasser», a poursuivi Simon Fieschi, évoquant notamment des tremblements dans les jambes, des «douleurs neuropathiques» ou la perte de motricité des mains.

Riss assure n’avoir aucun «regret» sur les caricatures

Le directeur de la publication de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, Riss, a assuré mercredi ne pas «regretter» avoir publié les caricatures de Mahomet, en défendant, au procès des attentats de janvier 2015 en France, le «combat de la liberté» du journal.

«Je ne veux pas vivre soumis à l’arbitraire démentiel des fanatiques», a déclaré le dessinateur, Laurent Sourisseau de son vrai nom, auditionné devant la cour d’assises spéciale de Paris. «Il n’y a pas à regretter» de les avoir publiées, a-t-il tranché.

«Ce que je regrette, c’est de voir à quel point les gens sont si peu combatifs pour défendre la liberté. Si on ne se bat pas pour sa liberté, on vit comme un esclave et on met en avant une idéologie mortifère», a-t-il poursuivi.

Riss, 53 ans, avait été grièvement blessé à l’épaule lors de l’attaque dans les locaux de Charlie Hebdo.

Quatorze personnes poursuivies

«Ça paraît idiot mais je ne peux plus faire de doigt d’honneur et parfois ça me démange», a-t-il glissé dans un sourire.

«Pour pouvoir continuer à vivre de la meilleure façon possible, j’essaye de voir le verre à moitié plein, je suis vivant, le journal continue», a déclaré M. Fieschi.

«J’entends parfois que nous sommes des rescapés. C’est toujours un mot qui me fait drôle comme s’il impliquait qu’on avait échappé à ce qui s’était passé. Je crois qu’aucun d’entre nous n’a échappé à ce qui s’est passé», a-t-il ajouté.

La cour d’assises doit également entendre dans la matinée Laurent Sourisseau dit «Riss», le directeur de publication de «Charlie Hebdo».

Quatorze personnes sont poursuivies devant la cour d’assises pour leur soutien logistique aux auteurs des attentats contre «Charlie Hebdo», une policière de Montrouge et le magasin Hyper Cacher. Trois d’entre elles sont jugées par défaut.

Les attaques ont fait 17 morts et semé l’effroi en France comme dans le monde.

(AFP/NXP)

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