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BerneProcès en appel du «guérisseur» qui a inoculé le sida

Le «guérisseur» condamné pour avoir inoculé intentionnellement le virus du sida à 16 personnes se retrouve ce lundi devant un tribunal. L'homme, qui clame son innocence, a fait appel de sa peine de 12 ans et 9 mois de réclusion.

La maison où habitait le «guérisseur»

La maison où habitait le «guérisseur»

Keystone

A Berne, le guérisseur autoproclamé âgé de 55 ans passe à nouveau devant les juges, en appel. Il n'est pas d'accord avec sa peine de 12 ans et 9 mois de réclusion pour avoir inoculé le sida à 16 personnes.

Le Tribunal régional de Berne-Mittelland a retenu contre le recourant les charges de lésions corporelles graves et propagation de maladies humaines. Au terme de près de deux semaines de procès en mars 2013, ce guérisseur autoproclamé, qui avait donné du fil à retordre à la police, obligée d'aller le chercher de force pour comparaître, a également été condamné à payer 100'000 francs d'indemnités à 13 de ses 16 victimes.

«L'accusé et personne d'autre est responsable de l'infection des 16 personnes», avait déclaré le président du tribunal régional lors de la lecture du jugement. Il a expliqué que le tribunal avait prononcé le verdict de culpabilité en raison des sérieux indices à charge qui pesaient sur le «guérisseur».

Les analyses phylogéniques ont démontré que le virus des victimes avait clairement la même souche. Pour le président du tribunal, il ne fait donc aucun doute que la source de la transmission est la même. Selon toute vraisemblance, la contamination s'est faite au moyen d'une seringue avec du sang infecté.

Intime conviction

Comme l'accusé a toujours proclamé son innocence, le tribunal a dû trancher entre ses déclarations et celles des personnes infectées. Le président a relevé que les déclarations des victimes n'avaient pas varié au cours de l'instruction et qu'elles étaient crédibles. Il a écarté une éventuelle collusion entre parties plaignantes.

Le Ministère public réclamait 15 ans de réclusion. La défense avait plaidé l'acquittement estimant qu'il y avait trop de zones d'ombre. Aucun motif n'est par exemple apparu durant les deux semaines de procès. Quant au guérisseur autoproclamé, il a affirmé être victime d'un complot. Les contaminations ont eu lieu entre 2001 et 2005.

Trois jours pour un appel

Dès ce lundi, la Cour Suprême du canton de Berne doit se pencher sur cette affaire trouble. Elle s'est donné trois jours pour la tirer au clair, mardi étant prévu comme journée de réserve et vendredi pour la publication du jugement.

La Cour Suprême intervient suite à l'appel non seulement du condamné mais aussi du Ministère public. En se joignant à la démarche, le procureur donne la possibilité au tribunal de prononcer une peine à la hauteur de son réquisitoire, sans quoi les juges n'auraient pu revoir la condamnation qu'à la baisse.

(ats)

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