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NeuchâtelProcès Hainard: c'est la gabegie!

La justice neuchâteloise reporte dans la précipitation le jugement de l'ex conseiller d'État et de sa compagne. Les dessous de l'embrouille.

par
Ludovic Rocchi
Frédéric Hainard.

Frédéric Hainard.

Keystone

L'épilogue judiciaire de l'affaire Hainard n'en finit pas de s'enliser. Après la perte du dossier pénal en cours d'enquête, voilà que le juge chargé de mener le procès de l'ex conseiller d'État neuchâtelois et de sa compagne s'emmêle les pinceaux dans la procédure à suivre

La semaine dernière, le juge Alexandre Seiler a d'abord annoncé que le procès s'ouvrirait lundi prochain à huis-clos, sans public et sans médias. Une décision qu'il s'est refusé à expliquer clairement, suscitant une lettre de protestation commune des médias empêchés de faire leur travail. Puis le même juge a annoncé que seule l'audition de la compagne de Frédéric Hainard, surnommée Paloma, se tiendrait lundi prochain à huis-clos, tout le reste du procès reprenant en public après l'été. Et voilà que cet après-midi, le juge fait savoir qu'il annule tout pour le moment, comme viennent de l'annoncer les médias neuchâtelois.

Souffrance psychique de «Paloma»

Comment expliquer cette valse-hésitation pour juger les abus de pouvoir et les faux dans les titres reprochés à Frédéric Hainard et Paloma dans l'exercice de leurs fonctions en 2010, lui comme ministre, elle comme inspectrice administrative dans une affaire de soupçon d'abus de l'aide sociale ? Selon l'avocat de Paloma, Me Basile Schwab, c'est bien à la demande de sa cliente que le huis-clos a commencé par être prononcé. « Un expert psychiatre a établi que ma cliente n'était pas en état d'affronter le public et les médias, explique l'avocat. Nous avons obtenu le huis-clos pour elle, mais nous ne le demandions pas pour les autres acteurs du procès ».

En clair, le juge s'est trompé en généralisant le huis-clos. Il a rectifié en ne le décrétant que pour Paloma. Mais, alors, pourquoi finir par tout annuler ? La réponse se cache derrière une ultime embrouille. Au début de cette semaine, les avocats des plaignants ont eux-mêmes recouru contre le huis-clos. « Nous avons demandé la récusation du juge, car il nous semble partial dans son approche des arguments de Paloma », confirme l'avocat Yves Grandjean. A l'entendre, il n'est pas normal que l'ex conseiller d'État et sa compagne soient jugés séparément, alors que leurs actes sont liés.

Avec et ultime rebondissement et le recours à trancher, l'affaire Hainard va donc encore traîner en longueur et continuer de hanter Neuchâtel trois ans après les faits.

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