Chine: Procès lundi des militants hongkongais arrêtés en mer

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ChineProcès lundi des militants hongkongais arrêtés en mer

Accusés d’avoir participé aux manifestations pro-démocratie l’an dernier, 12 militants hongkongais ont été capturés en août sur un hors-bord. Le régime communiste a pour habitude de condamner des opposants au moment des fêtes de fin d’année.

Les manifestants se rassemblent avec des banderoles lors d’un événement organisé par Justitia Hong Kong pour pleurer la perte des libertés politiques de Hong Kong, à Leicester Square, au centre de Londres, le 12 décembre 2020.

Les manifestants se rassemblent avec des banderoles lors dun événement organisé par Justitia Hong Kong pour pleurer la perte des libertés politiques de Hong Kong, à Leicester Square, au centre de Londres, le 12 décembre 2020.

AFP

Au moins dix des 12 militants hongkongais capturés en août dernier alors qu’ils tentaient de fuir la ville en hors-bord seront jugés lundi dans le sud de la Chine, ont annoncé leurs proches vendredi.

Le groupe, dont le plus jeune membre était âgé de 16 ans, avait été arrêté par les gardes-côtes chinois à 70 km au sud-est de l’ex-colonie britannique le 23 août, avant d’être remis à la police de Shenzhen, métropole de Chine continentale aux portes de Hong Kong.

Des proches de sept d’entre eux ont été informés par des avocats commis d’office que l’audience s’ouvrirait lundi à 14h30 (06h30 GMT) au tribunal du district de Yantian à Shenzhen, ont indiqué les familles dans un communiqué.

Interrogé par l’AFP, le tribunal a dit ne pas être au courant de la tenue de ce procès.

Attention du monde réduite

Le régime communiste a pour habitude de condamner des opposants au moment des fêtes de fin d’année, lorsque l’attention du reste du monde est réduite.

Le même jour, doit s’ouvrir à Shanghai le procès d’une «journaliste citoyenne» arrêtée après avoir couvert en début d’année la mise en quarantaine de la ville de Wuhan, berceau du nouveau coronavirus.

«Nous avons été informés qu’Andy passerait en procès lundi après-midi», a annoncé sur Twitter la famille d’Andy Li, l’un des prévenus hongkongais. «Comme pour les autres cas politiquement sensibles, ils profitent de la période de Noël pour minimiser les critiques internationales».

Les autorités ont annoncé la semaine dernière la mise en accusation de huit des prévenus pour passage illégal de la frontière. Deux mineurs doivent être jugés à huis clos. Deux autres accusés sont soupçonnés d’avoir organisé la fuite de l’ensemble du groupe, qui tentait de se rendre à Taïwan.

Dossier «secret»

Les opposants avaient disparu dans l’opaque système judiciaire chinois depuis leur capture, leurs avocats bataillant pour avoir accès à eux et leurs familles faisant part de leur inquiétude sur leur sort.

Selon les familles, seuls les 10 majeurs doivent passer en procès lundi, les deux mineurs au moment des faits devant être jugés à une date inconnue.

Les familles précisent que les autorités leur ont indiqué qu’il s’agissait d’un dossier «secret» et que le public ne serait pas admis à l’audience, pas plus que la presse.

Seules les familles sont autorisées à demander au juge la permission d’assister au procès. Mais pour cause d’épidémie, les habitants de Hong Kong ne peuvent entrer actuellement en Chine continentale. Les familles demandent par conséquent que les débats soient retransmis par vidéo.

Contestation étouffée par le coronavirus

Certains des passagers du hors-bord étaient menacés de poursuites à Hong Kong pour leur implication dans les immenses manifestations pro-démocratie ayant secoué la ville l’an dernier.

La contestation a été étouffée début 2020 par l’épidémie de coronavirus, qui a entraîné la fin des manifestations, puis par l’imposition fin juin d’une nouvelle loi rigoureuse sur la «sécurité nationale».

Hong Kong, région autonome spéciale chinoise depuis sa restitution à la Chine par le Royaume-Uni en 1997, dispose d’un statut particulier en vertu du principe «un pays – deux systèmes» prévu par l’accord de rétrocession.

Mais les libertés du territoire ont été gravement entamées par la nouvelle loi de sécurité, selon ses détracteurs.

Taïwan fait quant à elle de plus en plus figure de refuge pour les opposants honkongais, d’autant que les autorités de l’île rivale de Pékin ferment les yeux sur les personnes arrivant de Chine sans visa.

(AFP/NXp)

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