10.06.2018 à 12:32

Proches d'un kamikaze du Bataclan jugés à Paris

Syrie

Trois hommes proches d'un des terroristes du 13 novembre 2015 doivent comparaître devant la justice.

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Quatre ans après les attentats du 13 novembre 2015, les victimes se reconstruisent pas à pas, en attendant le procès. (Mercredi 13 novembre 2019)

Quatre ans après les attentats du 13 novembre 2015, les victimes se reconstruisent pas à pas, en attendant le procès. (Mercredi 13 novembre 2019)

Keystone
L'avocat d'Abdeslam demande à ce que le procès où doit comparaître le seul survivant du commando des attentats de Paris, prévu lundi prochain à Bruxelles, soit reporté. D'autre part, «le transfèrement de Salah Abdeslam et sa remise aux autorités judiciaires belges est annulée», a affirmé de son côté sur son site internet la chaîne publique RTBF. Le prévenu ne sera pas extrait de sa cellule en France pour l'audience en Belgique. (13 décembre 2017)

L'avocat d'Abdeslam demande à ce que le procès où doit comparaître le seul survivant du commando des attentats de Paris, prévu lundi prochain à Bruxelles, soit reporté. D'autre part, «le transfèrement de Salah Abdeslam et sa remise aux autorités judiciaires belges est annulée», a affirmé de son côté sur son site internet la chaîne publique RTBF. Le prévenu ne sera pas extrait de sa cellule en France pour l'audience en Belgique. (13 décembre 2017)

archive/photo d'illustration, AFP
Salah Abdeslam, seul survivant des commandos djihadistes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, sera remis à la Belgique le temps de son procès pour une fusillade pendant sa cavale, mais des discussions continuent sur les conditions de ce transfert sous haute sécurité. (27 novembre 2017)

Salah Abdeslam, seul survivant des commandos djihadistes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, sera remis à la Belgique le temps de son procès pour une fusillade pendant sa cavale, mais des discussions continuent sur les conditions de ce transfert sous haute sécurité. (27 novembre 2017)

AFP

Ils ont voulu gagner la Syrie quelques mois après l'attentat contre la salle de spectacles du Bataclan à Paris en 2015, dont ils connaissaient l'un des kamikazes: trois jeunes originaires de l'est de la France seront jugés lundi et mardi à Paris.

Le 17 janvier 2017, Mustafa S. (24 ans à l'époque), Alperen C. (21 ans) et Saïd I. (30 ans), tous originaires de la ville de Wissembourg, à une soixantaine de kilomètres de Strasbourg, à la frontière allemande, étaient interpellés, puis mis en examen et incarcérés pour association de malfaiteurs à visée terroriste.

Le voyage tourne court

Pour les enquêteurs, leur projet de départ en Syrie a germé deux ans avant. Ils n'y ont pas renoncé après les attentats perpétrés par un commando djihadiste, en novembre 2015 qui ont fait 130 morts à Paris et dans sa banlieue (dont 90 morts au Bataclan).

Ils franchissent le pas en mai 2016, mais le voyage en voiture tournera court: ils raconteront aux enquêteurs avoir rebroussé chemin à la frontière entre l'Autriche et la Slovénie, l'un d'eux n'ayant pas sa carte d'identité sur lui.

Interpellé en 2017

Interrogés à leur retour par les services de renseignement, ils sont laissés libres mais placés sur écoute. En septembre 2016, Mustafa S. fréquentera pendant quelques mois un centre de déradicalisation en France que le gouvernement fermera l'été suivant faute de résultats probants.

Les trois hommes ne seront interpellés que début 2017, notamment après des écoutes téléphoniques qui confirment leur radicalisation aux yeux des enquêteurs. Ils encourent jusqu'à 10 ans de prison, dans un contexte de sévérité accrue de la justice qui tend à considérer que tout départ en Syrie postérieur aux attentats de 2015 nourrit une vocation terroriste.

Filière djihadiste,

Les trois amis gravitaient depuis plusieurs années autour de la filière djihadiste, du Bas-Rhin (est), dont une dizaine de membres sont partis en Syrie à la fin 2013. Parmi eux, Foued Mohamed-Aggad, un des futurs kamikazes du Bataclan.

Mustafa S. aurait fait de même si son père et son frère ne l'avaient rattrapé de justesse à l'aéroport de Francfort (Allemagne) le 17 décembre 2013 alors qu'il s'apprêtait à s'envoler pour Istanbul. C'est précisément cet avion qu'a pris Foued Mohamed-Aggad, qui ne reviendra sur le sol français que pour s'y faire exploser.

Alperen C. a lui reconnu avoir soutenu des groupes djihadistes à partir de 2014, et s'être rendu cette année là en Syrie pendant un mois.

Plusieurs jeunes issus de filières de l'est de la France ont été jugés ces dernières années et condamnés à de lourdes peines. Karim Mohamed-Aggad, le frère du kamikaze, a ainsi vu en mai 2017 sa peine de neuf ans de prison confirmée en appel.

(AFP)

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