Ecole enfantine: Prof virée pour actes de violence
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Ecole enfantineProf virée pour actes de violence

Une enseignante de l’établissement primaire et secondaire d’Oron-Palézieux (VD) malmenait ses petits élèves. Alertées, les autorités cantonales ont sévi.

par
Evelyne Emeri
La maîtresse licenciée exerçait depuis longtemps à l’école primaire et secondaire d’Oron-Palézieux (VD). Elle était également membre du conseil de direction.

La maîtresse licenciée exerçait depuis longtemps à l’école primaire et secondaire d’Oron-Palézieux (VD). Elle était également membre du conseil de direction.

Le Matin/Laurent Crottet

La parole de très jeunes enfants contre la parole d’une enseignante aguerrie. C’est finalement celle des petits élèves en début de scolarité qui l’aura emportée sur celle d’une maîtresse d’école enfantine. La semaine dernière, cette professeure de l’établissement d’Oron-Palézieux a été licenciée pour justes motifs. Autrement dit, pour faute grave et avec effet immédiat. Les faits qui lui sont reprochés sont intervenus à plusieurs reprises et sur plusieurs années.

Brutalités et humiliations

Également membre du conseil de direction de l’établissement, elle a eu des comportements répréhensibles à l’égard des enfants qui lui étaient confiés. Attitude autoritaire, gestes musclés, agissements brutaux, vocabulaire inapproprié, humiliations, intimidations… Dans un premier temps, la situation a été gérée sur place à la suite de plaintes de parents d’élèves, à l’écoute de leurs bambins. L’enseignante aurait été sanctionnée par le conseil de direction, tout en continuant à y siéger.

Contacté, le directeur de l’école, Jean-François Détraz, ne commente pas. Il précise toutefois qu’il a écrit aux parents de la classe concernée et que cette maîtresse enseignait de longue date, notamment dans les classes enfantines.

À la Direction générale de l’enseignement obligatoire (DGEO), compétente en matière d’engagement du corps enseignant et, partant, de sanctions, l’affaire n’a pas été prise à la légère. «Des gens nous ont informés des faits. J’ai convoqué cette maîtresse. Elle a pu donner son point de vue et nous avons confronté les versions, expose le patron de la DGEO, Alain Bouquet. Cette personne a eu des comportements inadéquats et répétés, ce que j’ignorais. J’ai un devoir de protection des enfants. Plus ils sont petits, plus ils sont faibles. Et ils sont trop petits pour avoir tout inventé.»

Le directeur général de l’enseignement obligatoire n’a pas tergiversé longtemps: «Elle n’a pas respecté ses obligations professionnelles. La loi scolaire stipule clairement dans son article 126 que «les maîtres s’abstiennent de tout acte de violence physique ou verbale». Le lien de confiance rompu, je l’ai licenciée avec effet immédiat. J’étais face à quelqu’un qui ne protège pas les enfants. Je dois aussi appliquer le principe de précaution pour éviter que ça n’aille plus loin.»

«Très dommageable»

Du côté de l’Association des parents d’élèves (APE) Oron-Palézieux, impossible de joindre qui que ce soit. Elle a été dissoute en septembre 2017. Les cinq membres du comité ont démissionné en bloc «pour dénoncer le mauvais climat d’établissement», lit-on dans une lettre ouverte encore en ligne. À l’APE-Vaud, la coprésidente, Marie-Pierre Van Mullem, connaît le dossier de très loin: «C’est très dommageable pour les enfants qui l’ont vécu. Le système a fonctionné, mais on préférerait que cette réalité n’existe pas.»

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