20.10.2020 à 04:22

FranceProfesseur décapité: le point sur l’enquête

Les enquêteurs français tentent de remonter le déroulé des faits après l’assassinat sordide d’un prof d’histoire par un terroriste islamiste.

Image d’illustration.

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AFP

Pourquoi? Avec quelles complicités directes ou indirectes? Quatre jours après les faits, les enquêteurs français se concentrent sur les circonstances de la mort d’un professeur d’histoire-géographie, sauvagement assassiné à Conflans-Sainte-Honorine, près de Paris, où une marche blanche est programmée mardi en fin d’après-midi.

Une quinzaine de personnes étaient en garde à vue lundi, dont quatre collégiens, les enquêteurs tentant de comprendre leur implication alors que l’enseignant a été «désigné» à l’assaillant par «un ou plusieurs collégiens, a priori contre rémunération», selon une source proche du dossier.

L’entourage familial de l’assaillant, Abdoullakh Anzorov, était également toujours interrogé par les policiers, ainsi que le père de l’élève qui a appelé à la mobilisation contre ce professeur, Samuel Paty, et l’homme qui l’avait accompagné, le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui.

Décapité vendredi près du collège de Conflans-Sainte-Honorine, au nord-ouest de Paris, où il enseignait l’histoire-géographie, Samuel Paty a été visé, selon le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, par une «fatwa» émise par ce parent d’élève et ce militant, pour avoir montré des caricatures du prophète Mahomet pendant un cours sur la liberté d’expression.

Le ministre a également annoncé lundi avoir demandé aux autorités locales de fermer une mosquée à Pantin, en banlieue parisienne, qui avait notamment relayé sur sa page Facebook une vidéo dénonçant le cours sur les caricatures de Mahomet de Samuel Paty.

Gérald Darmanin a précisé que 51 associations proches de l’«islamisme radical» étaient dans le collimateur des autorités et annoncé que plusieurs d’entre elles seront dissoutes en Conseil des ministres, citant nommément le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) et une association humanitaire, BarakaCity. Les deux associations nient fermement tout penchant extrémiste.

Ces opérations interviennent dans la foulée d’un Conseil de défense dimanche soir, pendant lequel le président français Emmanuel Macron a annoncé un «plan d’action» pour empêcher les islamistes de «dormir tranquilles» en France.

Mardi matin, les patrons France des grandes réseaux sociaux et plateformes (Facebook Twitter, Google, Tiktok et Snapchat) sont convoqués par la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, pour trouver des moyens de mieux contrer le «cyber-islamisme».

Les hommages se poursuivent

Le meurtre du professeur Paty a provoqué un électrochoc en France. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dimanche pour défendre la liberté d’expression et dire «non à l’obscurantisme».

Une marche blanche est organisée mardi à Conflans-Sainte-Honorine à partir de 18 h 30, devant le collège où il enseignait. Un hommage national à Samuel Paty sera également organisé mercredi à l’université parisienne de la Sorbonne, un «monument symbolique de l’esprit des Lumières et du rayonnement culturel, littéraire et éducatif de la France», a déclaré la présidence française. Emmanuel Macron a reçu lundi la famille du professeur.

Dans la commune, parents, élus ou simples citoyens de toutes générations sont venus spontanément rendre hommage tout au long du week-end à l’enseignant en déposant fleurs ou messages devant l’établissement scolaire.

Parmi les habitants, certains restent traumatisés par l’assassinat du professeur, à l’image de Stéphane, presque témoin de l’attaque, qui s’est déroulée à une quarantaine de mètres de son domicile. «L’assaillant était juste derrière le mur, à 40 mètres de mes petits-enfants, et de mes enfants», a-t-il raconté sur la chaîne de télévision LCI.

Réunis dans l’après-midi devant le collège, des imams ont exprimé leur «colère» et leur «honte», estimant qu’il était «très important de venir ici pour montrer notre chagrin, montrer que ce qui s’est passé ici n’est pas l’islam. C’est le fait de voyous qui n’ont rien à voir avec l’islam», a déclaré Kemadou Gassama, imam à Paris.

Le Parlement européen a également observé une minute de silence tandis que la cour d’assises spéciale de Paris, où sont jugées 14 personnes en lien avec les attentats de janvier 2015, a rendu hommage au professeur d’histoire-géographie.

(AFPE)

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