Jeu vidéo - «Psychonauts 2», bon pour la tête
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Jeu vidéo«Psychonauts 2», bon pour la tête

Le dernier-né de la petite équipe de Tim Shafer possède une qualité rare: son tout est supérieur à la somme de ses parties.

par
Jean-Charles Canet
Raz, ou Razpoutin, a le pouvoir de pénétrer dans l’esprit de ceux qu’ils côtoient.

Raz, ou Razpoutin, a le pouvoir de pénétrer dans l’esprit de ceux qu’ils côtoient.

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On pourrait dire que «Psychonauts 2» possède des graphismes chatoyants. C’est le cas, mais son esthétique d’animé Tim Burtonien ne le prédispose pas à jouer le rôle de jeu épate pupille pour les consoles et les PC armés jusqu’aux dents.

On pourrait dire que «Psychonauts 2» est techniquement ébouriffant. Ce ne serait pas totalement faux puisque le jeu tourne au mieux sur ses plateformes respectives (Xbox One, Xbox Series S et X, PC, PS4 et PS5 via la rétrocompatibilité PS4).

On pourrait dire que le gameplay de «Psychonauts 2» est exceptionnel. Ce serait exagérer la moindre, le jeu ne faisant ni pire ni mieux que d’autres jeux de plateformes-exploration de qualité.

On pourrait enfin dire que «Psychonauts 2» est une fête pour les oreilles (musique et dialogues, en vost uniquement).

En additionnant toutes ces qualités et en soustrayant ses maigres défauts, on pourrait alors déjà affirmer sans grand risque que «Psychonauts 2» est un bon jeu; au pire un jeu digne d’intérêt. À notre sens cependant, «Psychonauts 2» est un jeu vidéo exceptionnel pour une raison devenue rare: son tout est supérieur à la somme de ses parties.

Car le jeu bénéficie d’un effet multiplicateur. Il est porté par un talent créatif rare, celui de Tim Shafer soutenu par sa talentueuse équipe du studio Double Fine. Qualité de l’écriture, qualité des dialogues, bel esprit, humour subtil, arc narratif charpenté, autant d’éléments qui renvoient des jeux pourtant techniquement exceptionnels – on pense ici à «Ratchet and Clank: Rift Apart» et son méchant savant fou – à l’école primaire.

Ceux qui se souviennent de l’âge d’or des jeux d’aventures, période Lucas Arts, ne seront pas étonnés de retrouver la patte inimitable de l’oncle Tim: ce dernier fut un contributeur majeur pour l’inénarrable «Day of the Tentacle» que l’on peut retrouver çà et là en version remastérisée. Et on apprécie «Psychonauts 2» exactement pour les mêmes raisons: folie empreinte de bonhomie à tous les étages mais sans les mécaniques désuètes du Point & click de papa. Shafer, incontestablement un conteur, certainement un auteur, livre ici son œuvre la plus aboutie. Une fête bonne pour les yeux, bonne pour la tête, qui à l’élégance d’être tout public.

Ah oui, en deux mots: le joueur incarne un enfant de la balle dont les compétences psychiques lui permettent, entre autres, de s’introduire de l’esprit de ceux qu’il côtoie.

Nous vous recommandons chaudement «Psychonauts 2».

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