03.03.2018 à 07:13

EspagnePuigdemont demande de l'aide à l'ONU

La figure de proue du mouvement indépendantiste catalan veut faire reconnaître «la violation» de ses droits devant l'instance internationale.

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La tension commence vraiment avec la «guerre des Faucheurs». Les paysans catalans se révoltent en 1640 contre le roi qui les écrase sous les taxes pour financer la guerre contre la France et tuent le vice-roi. Cet épisode constitue l'hymne national catalan.

La tension commence vraiment avec la «guerre des Faucheurs». Les paysans catalans se révoltent en 1640 contre le roi qui les écrase sous les taxes pour financer la guerre contre la France et tuent le vice-roi. Cet épisode constitue l'hymne national catalan.

Antoni Estruch i Bros, Els Segadors, 1907
Mais les choses se gâtent encore plus le 11 septembre 1714. Durant la guerre de succession d'Espagne, Barcelone choisit le camp des Habsbourg contre les Bourbon. Ceux-ci triomphent et leur roi, Felipe V, écrase la ville. Une chute commémorée via la fête nationale catalane.

Mais les choses se gâtent encore plus le 11 septembre 1714. Durant la guerre de succession d'Espagne, Barcelone choisit le camp des Habsbourg contre les Bourbon. Ceux-ci triomphent et leur roi, Felipe V, écrase la ville. Une chute commémorée via la fête nationale catalane.

L’Onze de Setembre de 1714 – d’Antoni Estruch i Br
Au 20e siècle, après la proclamation de la IIe République, la Catalogne obtient un statut d'autonomie qui ressuscite l'institution de la Généralité de Catalogne. Le 6 octobre 1934, une très éphémère république catalane est même proclamée.

Au 20e siècle, après la proclamation de la IIe République, la Catalogne obtient un statut d'autonomie qui ressuscite l'institution de la Généralité de Catalogne. Le 6 octobre 1934, une très éphémère république catalane est même proclamée.

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Carles Puigdemont, qui a renoncé jeudi à briguer la présidence de la Catalogne, a saisi un organisme de l'ONU pour faire reconnaître «la violation de ses droits» par le gouvernement espagnol. Son avocat Ben Emmerson l'a annoncé vendredi à Bruxelles.

Lors d'une conférence de presse, ce juriste britannique, ancien rapporteur de l'ONU, a expliqué que cette nouvelle procédure visait à contraindre Madrid à «négocier» avec les séparatistes catalans. Certains d'entre eux sont en prison en Espagne pour avoir décrété l'indépendance de la région en octobre dernier après un référendum illégal.

C'est le Comité des droits de l'homme de l'ONU établi à Genève qui a été saisi jeudi, a précisé Me Emmerson. L'avocat a menacé de saisir chaque mois une nouvelle juridiction internationale si Madrid refusait d'engager de «véritables négociations».

«Comment le gouvernement espagnol justifie aux yeux du monde ce qu'il est en train de faire ? Nous attendons désormais la réponse», a-t-il aussi déclaré.

C'est déjà Ben Emmerson qui avait saisi le 1er février, au nom de trois anciens dirigeants indépendantistes catalans emprisonnés, le groupe de travail de l'ONU sur les détentions arbitraires, également basé à Genève.

Des années

Vendredi, le Haut-commissariat de l'ONU aux droits de l'homme - auquel est rattaché le Comité des droits de l'homme - a confirmé à l'AFP à Genève avoir reçu «une communication au nom de M. Puigdemont contre l'Espagne».

L'organisme genevois va désormais vérifier la validité de la requête, étape préalable à son «enregistrement» c'est-à-dire sa transmission à l'Espagne pour un échange d'arguments, a précisé sa porte-parole, Julia Gronnevet. Une éventuelle condamnation pourrait prendre des années.

Concrètement, les avocats de Carles Puigdemont s'appuient sur le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, applicable depuis 1976 aux pays membres de l'ONU, pour pointer du doigt «les violations» reprochées au gouvernement espagnol.

Jordi Sanchez

L'attitude de Madrid depuis le début de la crise politique en Catalogne il y a cinq mois contrevient, selon eux, à au moins trois articles du Pacte relatifs au droit d'être élu ou aux libertés d'association et d'expression.

En Espagne, après le «pas de côté» jeudi de Carles Puigdemont, qui a préféré renoncer «provisoirement» à la présidence de la Catalogne, son camp doit encore trouver un candidat. Le dirigeant exilé en Belgique depuis le 30 octobre a proposé de désigner Jordi Sanchez, dirigeant de la puissante association indépendantiste ANC (Assemblée nationale Catalane).

Mais M. Sanchez est emprisonné depuis la mi-octobre près de Madrid.

(ats)

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