02.04.2013 à 17:51

Corée du NordPyongyang veut redémarrer tous ses sites nucléaires

La Corée du Nord a franchi une nouvelle étape mardi dans son bras de fer avec la communauté internationale en annonçant que toutes les installations nucléaires du pays seraient redémarrées.

Kim Jong-Un, dirigeant de la Corée du Nord, le 31 mars 2013.

Kim Jong-Un, dirigeant de la Corée du Nord, le 31 mars 2013.

AFP

Les Etats-Unis ont eux positionné près des côtes de la Corée du Sud un destroyer capable d'intercepter des missiles. Parmi les sites que la Corée du Nord va reconstruire et remettre en marche, figurent un réacteur de cinq mégawatts et un site d'enrichissement d'uranium, tous deux situés à Yongbyon et mis en veilleuse en 2007, précise l'agence de presse officielle KCNA.

Réactiver ce réacteur de l'ère soviétique permettra de produire du plutonium, moyen permettant d'acquérir une quantité plus importante de matière fissile qu'un programme d'enrichissement de l'uranium.

On ignore quand le site, dont la tour de refroidissement a été détruite en 2008, redémarrera mais la décision de le relancer constitue un revers de taille pour la Chine, l'unique grand allié de Pyongyang sur la scène diplomatique, dont l'objectif déclaré est de relancer les pourparlers sur la dénucléarisation de la péninsule.

A Pékin, le ministère chinois des Affaires étrangères a déploré la décision de la Corée du Nord concernant Yongbyon. «Nous avons noté les annonces de la Corée du Nord et exprimé nos regrets», a déclaré le porte-parole de la diplomatie chinoise. «Nous appelons toutes les parties concernées à garder leur calme et à faire preuve de retenue».

Deuxième voie vers une bombe

Outre le redémarrage du réacteur de Yongbyon, unique source connue de plutonium du programme d'armes atomiques de la Corée du Nord, une usine d'enrichissement d'uranium pourrait être remise en service, ce qui donnerait à Pyongyang une deuxième voie vers une bombe.

En février, le Nord a effectué son troisième essai nucléaire et ne serait plus, pense-t-on, qu'à quelques années de mettre au point des armes atomiques à des fins, à en croire Pyongyang, purement dissuasives.

A la suite de sanctions américaines décrétées après le troisième essai et des manoeuvres militaires en cours entre le Sud et les Etats-Unis, Pyongyang a considérablement haussé le ton ces derniers jours en proférant des menaces d'attaque nucléaire à l'encontre de Washington.

Le Nord a également menacé de lancer des missiles sur les bases américaines du Pacifique et d'«entrer en guerre» avec le Sud. On estime que Pyongyang dispose de suffisamment de matériaux fissiles pour construire huit bombes nucléaires.

Contre-torpilleur américain

A Washington, la Maison blanche a dit prendre au sérieux les menaces de guerre formulées par Pyongyang, tout en soulignant que les Etats-Unis n'avaient pas remarqué de signes inquiétants de la part des forces armées nord-coréennes.

Le Pentagone a toutefois annoncé que le «USS McCain», un contre-torpilleur équipé de missiles balistiques, était en cours de déploiement au large des côtes sud-ouest de la péninsule. «Il s'agit d'une mesure de précaution», a relativisé un responsable qui a requis l'anonymat. Ce bâtiment de guerre de la classe «Aegis» n'est pas censé participer aux manoeuvres militaires.

Les Américains ont envoyé dimanche en Corée du Sud des bombardiers furtifs F-22 «Raptor» qui, eux, participeront aux manoeuvres conjointes avec l'armée de Séoul.

Appel au calme

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a estimé mardi que la crise était «déjà allée trop loin» après l'annonce de la Corée du Nord. «Les menaces nucléaires ne sont pas un jeu», a-t-il déclaré au cours d'une visite dans la principauté d'Andorre.

«Les choses doivent commencer à se calmer», «il n'y a aucune raison» que Pyongyang «aille au devant d'un affrontement avec la communauté internationale», a-t-il ajouté dans une conférence de presse.

(ats)

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