Football: Qatar 2022: la Norvège évoque un boycott, dix ans trop tard
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FootballQatar 2022: la Norvège évoque un boycott, dix ans trop tard

Plusieurs sélections ont exprimé leur préoccupation quant au non-respect des droits humains en marge du prochain Mondial.

par
Simon Meier
Erling Haaland et les Norvégiens ont arboré un t-shirt à message, le 24 mars, à Gibraltar.

Erling Haaland et les Norvégiens ont arboré un t-shirt à message, le 24 mars, à Gibraltar.

AFP

Tout le monde a eu une bonne décennie pour se faire à l’idée. Mais certains ont toujours du mal. La Coupe du monde 2022, attribuée au Qatar le 2 décembre 2010 à Zurich, approche à grands pas. Pour les sélections européennes, la phase de qualification a commencé la semaine dernière.

L’occasion idéale pour relancer quelques débats de fond et balancer quelques chiffres. Selon lenquête du Guardian, au moins 6500 travailleurs asiatiques sont morts depuis le lancement des chantiers liés à l’événement - la FIFA, qui a d’autres statistiques, parle de 37. Quoi qu’il en soit, la Norvège est allée jusqu’à dégainer l’idée d’un boycott.

«Nous ne pouvons plus rester assis»

Le club de Tromsö IL, bientôt suivi dans son initiative par d’autres dont le principal du pays, Rosenborg, a estimé récemment que le dialogue ne suffisait plus et a délivré son message: «Nous devrions réfléchir à ce qu’est l’idée du football et pourquoi tant de gens aiment notre sport, disait le communiqué. Le fait que la corruption, l’esclavage moderne et un nombre élevé de décès constituent le fondement de la chose la plus importante que nous ayons, la Coupe du monde, n’est pas du tout acceptable. Nous ne pouvons plus rester assis et regarder des gens mourir au nom du football.»

Sensible à ce mouvement, la fédération norvégienne a promis de se positionner au mois de juin. En attendant, mercredi passé avant leur victoire à Gibraltar, Erling Haaland et ses coéquipiers ont arboré un t-shirt en guise de rappel idéologique: «Droits humains, sur et en dehors du terrain.»

L’Allemagne le lendemain, puis les Pays-Bas et le Danemark ce week-end, ont véhiculé des messages similaires. Mais partant du fait que tout le monde a disputé ses matches, on est assez loin d’un boycott.

«Pour un boycott, nous arrivons dix ans trop tard. C’est à l’époque qu’il aurait fallu réfléchir», a tranché Joshua Kimmich, milieu de terrain de la Mannschaft. La remarque est évidemment pertinente. Roberto Martinez, sélectionneur belge, a affiché sa position dans La Dernière Heure: «Boycotter le Mondial au Qatar, ce n’est pas la solution. Ce serait tourner le dos au problème. On doit, au contraire, y faire face.»

La France avait annoncé la couleur dès début mars, par la voix du président de la «fédé», Noël Le Graêt: «Le Qatar a été désigné depuis longtemps par des gens responsables (ndlr: le Comité exécutif de Sepp Blatter), on ne va pas aller sur une remise en cause à un an de l’organisation.»

Bref, la Coupe du monde aura lieu au Qatar et le monde du football s’y rendra, tout en délivrant ses bons messages au passage. «Tout accident, tout décès est une tragédie humaine, a admis Dominique Blanc, président de l’Association suisse de football, cité par Blick. Nous sommes convaincus que tout doit être mis en œuvre, au Qatar comme partout ailleurs, afin de protéger la santé et la sécurité des ouvriers. Nous nous impliquons en ce sens. Mais nous misons sur le dialogue, pas le boycott.» Les Norvégiens ont encore du boulot.

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