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Canton de Neuchâtel«Qu'on me rende mes enfants»

Une maman s'oppose au placement de ses trois enfants dans un foyer. Aux recours administratifs, s'ajoutent des plaintes pénales.

par
Vincent Donzé
Rosalie P. tient entre ses mains les photos de ses enfants dont elle est séparée depuis sept mois.

Rosalie P. tient entre ses mains les photos de ses enfants dont elle est séparée depuis sept mois.

Laurent Crottet

Depuis sept mois, les lits de ses enfants sont vides. Par décision de justice, son fils de 6 ans et ses deux sœurs de 4 et 3 ans vivent dans un foyer de Neuchâtel. Une décision que Rosalie P. conteste avec son avocat Freddy Rumo. «On m'accuse d'avoir nié des abus dont je ne suis pas responsable», résume cette maman.

La dénonciatrice, qui a porté plainte, est une mère hébergée un temps par Rosalie P., dans son appartement des Verrières (NE). Il est question de fellation entre garçons de 5 ans. Un geste appris où? Qui est ce monsieur avec qui le fils de Rosalie P. a «fait le kiki» en regardant des films pornographiques?

La culpabilité du père n'est de loin pas prouvée. Selon l'avocat Freddy Rumo, «la déviance chez le garçon a une autre origine». Mais pour la justice, la mère vit dans le déni. C'est toute la famille qui est qualifiée d'«abusive» depuis que le fils a «vu un monstre caché» sous sa couverture.

Nouveau tour de vis

Le 5 août dernier, le garçon et ses deux sœurs ont été placés dans un foyer. Le 5 février, nouveau tour de vis: une mesure superprovisionnelle a interdit à la mère de voir ses enfants seule, le droit de visite étant aussi refusé à leur grand-mère. Cette sévérité s'explique par les soupçons de violence pesant sur la mère, mais cette dernière accuse la curatrice des enfants d'avoir suggéré les réponses fournies par son fils, quand il évoque des coups reçus à Noël lors d'un retour à la maison. «Nous respectons les décisions de l'autorité judiciaire», indique Frédéric Schallenberger, chef de l'Office de protection de l'enfant de Neuchâtel. Freddy Rumo pense, lui, que son office dicte les décisions à la justice.

Le 6 février, la grand-mère s'est présentée au foyer. Son intention était de n'en pas bouger tant qu'un pédopsychiatre n'aurait pas examiné ses petits-enfants. Motif: des abus se seraient produits à l'intérieur même du foyer d'accueil. Le garçon a-t-il reproduit ce qu'il a subi? Pas seulement. Selon Rosalie P., son fils a été giflé et sa fille avait du sang dans sa culotte. Un examen gynécologique est agendé au 19 février. «Alors qu'on l'a jugée repliée sur elle-même, ma fille aînée souffrait d'une double otite qui l'a rendue sourde», poursuit la maman. Deux plaintes pénales déposées jeudi dernier contre le foyer dénoncent des actes d'ordre sexuel, des voies de fait et la mise en danger de la santé d'autrui. Face à une «histoire odieuse», l'avocat Freddy Rumo se dit prêt à «multiplier les procédures».

«La révolte de la mère est légitime», martèle Freddy Rumo. Séparée du père de ses enfants, soutenue par son nouveau compagnon, Rosalie P. qui est enceinte craint désormais qu'on lui retire son enfant à venir si son troisième recours contre le placement de ses aînés était rejeté.

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