Littérature - Quand Didier Burkhalter se glisse dans la peau de son chien
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LittératureQuand Didier Burkhalter se glisse dans la peau de son chien

L’ex-conseiller fédéral publie son 6e roman, une fable tendre inspirée par le Covid et le confinement dans laquelle il observe le monde à travers les yeux de son chien Fidel.

par
Christine Talos
Didier Burkhalter et son dernier ouvrage en médaillon. Sa couverture a été illustrée par son épouse Friedrun Sabine Burkhalter.

Didier Burkhalter et son dernier ouvrage en médaillon. Sa couverture a été illustrée par son épouse Friedrun Sabine Burkhalter.

AFP

«Je m’appelle Fidel. J’adore les histoires. Je ne les écris pas moi-même car un chien de chasse comme moi ne saurait tenir d’autres plumes que celles des canards.» C’est ainsi que démarre «Lettre de Fidel au Petit Garçon», le dernier ouvrage de Didier Burkhalter, le 6e roman déjà de l’ancien conseiller fédéral neuchâtelois et président de la Confédération qui vient de paraître aux Éditions de l’Aire.

Un ouvrage qui détonne dans la bibliographie du Neuchâtelois, puisqu’il se glisse dans la peau d’un chien! Son chien. Un Lagotto espiègle, qui observe avec attention et parfois incompréhension ses maîtres et le monde qui l’entoure, dans un roman à la fois tendre et mélancolique inspiré par l’air du temps et le virus. «J’ai ressenti l’envie de redonner davantage de sourires, ici ou là. Devant le désarroi d’une époque de solitude globalisée et d’incertitude croissante encore accentuée par la pandémie, je me suis dit qu’il fallait apporter une simple contribution», explique Didier Burkhalter. «Ma seule prétention: aider à remettre le cœur au milieu du village.»

Comme il le souligne, cet ouvrage se veut une fable sur le confinement et l’amitié. «Le confinement a fait éclater au grand jour les tendances dures de notre vie: les familles sont de plus en plus dispersées, les personnes âgées de plus en plus isolées, les jeunes ne croient plus en l’égalité des chances, les valeurs naturelles sont de plus en plus oubliées», commente l’ancien conseiller fédéral. «Puis, de nombreuses réactions ont fait repousser les herbes fragiles de la solidarité, de l’entraide, de l’amitié aussi. J’ai eu envie d’habiller ces sentiments de mots, de mes mots à moi ou plus exactement des mots d’un chien.»

«Je vis chaque journée pour elle-même»

Dans son «conte canin», le chien Fidel cherche à transmettre ses rêves à un petit garçon. Un thème récurrent dans son action politique, déjà. «Durant toute ma vie et encore davantage après mes voyages, j’ai cru dur comme fer que tous les jeunes devaient avoir droit à une chance. Un jeune perd confiance si on ne lui fait pas confiance. Ne rien faire pour la confiance et l’espoir, c’est laisser le champ libre à la détresse et à la violence», explique Didier Burkhalter.

Aujourd’hui, l’ancien président de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en a bien fini avec la politique et refuse de commenter l’action du Conseil fédéral en qui il fait pleinement confiance. «Je me suis lancé dans une nouvelle vie, orientée vers l’écriture, et je vis chaque journée pour elle-même», confie-t-il. Il ressent toutefois «une immense reconnaissance» d’avoir pu assumer autant de responsabilités et d’avoir pu se battre pour ses valeurs et ses convictions. «Mais j’accepte le fait que toutes ces fonctions sont désormais derrière moi.»

On s’en souvient: Didier Burkhalter, qui avait quitté la scène fédérale fin 2017, avait souffert d’un cancer pour lequel il avait dû subir une intervention en 2018. Mais il préfère rester discret sur son état de santé aujourd’hui: «Chacun d’entre nous a ses soucis, contre lesquels il faut parfois batailler ferme. Comme je ne suis plus un ‘homme public’, j’aimerais garder les miens pour moi et je n’ai pas à me plaindre.»

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