GROGNE?: Quand Facebook concurrence le 117

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GROGNE?Quand Facebook concurrence le 117

La police cantonale jurassienne en a marre: au lieu d'appeler la centrale, le public dissémine parfois de précieuses informations sur les réseaux sociaux.

par
Raphaël Pomey
KEYSTONE/Magali Girardin

«Facebook c'est bien, appeler la police c'est mieux!» C'est le message un brin agacé posté lundi par les agents jurassiens sur le réseau social. En cause, deux affaires liées à des comportements suspects pour lesquels ils venaient d'être interrogés par la radio locale, et dont ils n'avaient pas eu vent, n'étant pas «amis» avec ceux qui en parlaient sur Facebook: «C'est dommage de perdre des informations qui pourraient nous être transmises en direct», déplore Marie-Jane Intenza, adjointe au commandant. Mais ce n'est pas tout: «On ne sait pas pourquoi, mais certaines personnes préfèrent nous donner des informations sur Facebook plutôt que d'appeler notre centrale. Or on ne contrôle pas notre page toutes les cinq minutes, si bien qu'on découvre parfois les informations deux heures plus tard.» Des infos qui s'envolent

Un problème de timing d'autant plus gênant que parfois les témoins ne sont plus devant leur ordinateur et ne peuvent plus donner d'infos complémentaires, comme cela aurait été le cas au téléphone.

«Très régulièrement, sur Facebook, nous mentionnons le numéro d'urgence ou le numéro principal de la police pour que l'appel se fasse au bon endroit», appuie Jean-Marie Bornet, chef de l'information de la police cantonale valaisanne. «C'est à nous de faire comprendre que lorsqu'il y a une urgence, c'est encore et toujours le numéro d'urgence (ndlr: le 117) qui doit être utilisé.» Il se réjouit toutefois de l'afflux régulier d'informations venues par Facebook, mais dépourvues de caractère urgent.

«Parfois, les gens ont peur de nous déranger», constate pour sa part Frédéric Marchon, de la police fribourgeoise. Satisfait du nombre de petits tuyaux qui reviennent via les réseaux sociaux, il insiste lui aussi sur l'importance du 117.

Reste une poignée d'irréductibles. Comme l'administrateur de la page «Prison ferme pour les 18 racaillons d'Yverdon», qui dénonce régulièrement des cas survenus dans la cité thermale. Une activité qui a parfois même tourné à la mise en place d'enquêtes parallèles. «C'est parfaitement assumé. La police sait très bien où aller chercher les informations s'il y a besoin. Les partager sur Facebook les pousse justement à se bouger, de temps en temps.»

Autant dire que le bon vieux 117 risque d'avoir encore besoin d'avocats pour quelque temps.

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