Football - Quand il s’assume, YB est meilleur
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FootballQuand il s’assume, YB est meilleur

Bien que battu 4-1 par Villarreal mercredi en Ligue des champions, le champion de Suisse peut surtout regretter son inefficacité. Et son approche du début de match.

par
Valentin Schnorhk
(Berne)

Young Boys finira par nous perdre. Et peut-être par se perdre aussi. Du moins en Ligue des champions. Car au-delà de la défaite 4-1 par Villarreal et de son score probablement surfait, il y a des Bernois qui n’ont toujours pas trouvé leur approche idoine pour des rencontres de ce niveau. Et ce n’est probablement pas une affaire de système. Mais plutôt d’orientation tactique.

Il y a trois semaines, après le revers 1-0 sur la pelouse de l’Atalanta Bergame, on se demandait dans ces colonnes si YB était «compatible» avec la Coupe d’Europe. Et bien, on n’est pas plus avancé cette semaine. David Wagner non plus. L’entraîneur allemand a fait des choix forts mercredi, avec notamment un changement de formation. Un de plus, en Ligue des champions.

Alors qu’il n’a jamais dérogé à son 4-4-2 en Super League depuis son arrivée, Wagner a cette fois choisi un 5-3-2, avec Nicolas Moumi Ngamaleu sur le couloir droit. Contre Manchester United et l’Atalanta, c’était un 4-2-3-1. «L’idée était à la fois de limiter l’impact de Villarreal à l’intérieur du jeu en renforçant l’axe, mais aussi les côtés», a expliqué le technicien après la rencontre.

«Des erreurs de concentration»

C’est un choix. Qui n’a pas payé, puisque après un quart d’heure, YB était déjà mené de deux buts par la formation d’Unai Emery. Laquelle avait notamment parfaitement exploité les ailes (centre de Pedraza au deuxième poteau pour Yeremi Pino) pour le 1-0. «Des erreurs individuelles, de concentration», résumait Wagner, incluant aussi le deuxième but inscrit par Gerard Moreno sur un coup franc de Parejo. Incontestable. Mais ces failles peuvent aussi être liées au comportement collectif. Et notamment à l’approche médiane et très attentiste de Young Boys sur ce premier quart d’heure. Cela a rappelé les débuts de rencontre contre ManU et l’Atalanta, avec encore moins de solidité.

Et pourtant, YB ne pouvait pas être totalement déçu mercredi soir. «Excepté le résultat, notre prestation a été bonne, considérait son entraîneur. Après les buts, nous avons très bien réagi. Et dans des rencontres de ce niveau, l’efficacité joue un rôle majeur. C’est en ça que Villarreal a fait la différence. Car peu d’équipes se créent autant d’occasions que nous contre lui.» Les Expected Goals l’attestent: les Bernois ont rivalisé (2,21xG contre 2,68xG pour les Espagnols). Autrement dit, une équipe a largement manqué de réussite, l’autre étant beaucoup plus concrète.

YB meilleur à son propre jeu

Sauf que c’est quand Young Boys a joué un autre jeu qu’il a créé beaucoup plus. Ou plutôt quand il a joué son propre jeu: celui qui se compose de pressing et d’intensité. Ce n’est qu’une fois le 2-0 marqué qu’YB est allé «chercher» son adversaire. Et qu’il a emballé le match, profitant à fond de la profondeur qui lui était offerte. Dans un autre jour et dans un contexte similaire, il aurait sans doute fallu attendre un peu moins que 77 minutes pour voir les Bernois trouver la faille. Le fait de se créer autant d’opportunités intéressantes est au moins un gage que la méthode est sans doute plus probante.

Alors il est peut-être temps pour YB de s’assumer. Comme il l’a fait quand il était en supériorité numérique contre Manchester. Comme il a fait mercredi, une fois mené 2-0. Cette approche ne fonctionnera sans doute pas contre n’importe qui (l’Atalanta avait largement étouffé les champions de Suisse lors de la 2e journée), mais il s’agit sans doute de la manière la plus fiable que peut utiliser YB pour obtenir des résultats. Du moins tant que le contraire n’est pas démontré. Wagner aura-t-il une autre idée dans quinze jours en Espagne?

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