Freeride: «Quand je décide de m’aligner, j’y vais à fond»
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Freeride«Quand je décide de m’aligner, j’y vais à fond»

Amoindrie physiquement, la Lausannoise Elisabeth Gerritzen (25 ans) a remporté la deuxième étape du Freeride World Tour mercredi en Andorre. Le titre mondial est dans son viseur.

par
Brice Cheneval
Elisabeth Gerritzen a réussi un 360 lors de son run.

Elisabeth Gerritzen a réussi un 360 lors de son run.

@freerideworldtour/©JBERNARD

Elisabeth Gerritzen va finir par se sentir comme chez elle à Ordino Arcális. Après sa troisième place l’année dernière, la Vaudoise a de nouveau brillé dans la station d’Andorre. Mercredi, elle a terminé première de la deuxième étape du Freeride World Tour (FWT). Sa deuxième victoire sur le circuit après celle obtenue à l’Xtreme de Verbier, en 2019.

Certes, Gerritzen a profité des malheurs de ses concurrentes puisque la Norvégienne Hedvig Wessel et la Valaisanne Maude Besse, deux favorites au titre final, ont chuté. Mais la Lausannoise doit surtout son succès à elle-même. Sa prestation, maîtrisée et fluide, a été ponctuée par la réussite d’un 360 en début de parcours, sur la section raide. Une figure qu’elle s’est échinée à contrôler, au prix de nombreuses «boîtes». «Je ne viens pas du freestyle à la base, donc cela me rend d’autant plus contente d’être parvenue à rentrer ce trick en compétition», se réjouit-elle.

Malgré les déboires de Wessel et Besse, la victoire était loin d’être jouée d’avance. À cause des conditions de ski, premièrement. «Ce n’est pas un hasard si plusieurs filles sont tombées, réagit la lauréate. La température a grimpé au fil de la journée et la neige s’est détériorée. Je savais que les conditions seraient changeantes. C’était de la neige de printemps, qui collait beaucoup. Au début, je suis donc restée ultra prudente car j’avais peur de tomber. Après le 360, j’ai juste cherché à assurer. Ce qui comptait, c’était d’arriver en bas.»

Elisabeth Gerritzen a également dû composer avec sa forme physique amoindrie. La faute à une mauvaise chute à l’entraînement la veille. «Je m’exerçais sur mon 360, précise-t-elle, et je me suis fait une espèce de coup du lapin. J’ai été victime d’une minicommotion.»

Outre des raideurs dans la nuque et au dos, elle s’est réveillée dans un état nauséeux et se sentait engourdie. Au point de songer sérieusement à déclarer forfait: «Je n’étais pas sûre de faire la compétition.»

Deuxième du classement général

Finalement, la Lausannoise a répondu présente. Ses douleurs persistantes et ses deux chutes de la veille (elle est aussi tombée lors de l’étape d’ouverture) ne l’ont pas freinée: «Quand je décide de m’aligner, j’y vais à fond. C’est le run que j’avais prévu de faire. Le freeride est un sport très mental. On a toutes la capacité de gagner. Ça se joue à celle qui gère le mieux ses nerfs.»

Mercredi, Elisabeth Gerritzen y est parvenue mieux que les autres, visiblement. Cette première place lui permet de se hisser au deuxième rang du classement général du Freeride World Tour, à égalité de points avec Hedvig Wessel (12’620 points) et derrière la Française Juliette Willmann (16’000 points). «On a chacune nos chances, je ne me mets ni devant ni derrière mes concurrentes. C’est cool qu’on se tienne dans un mouchoir de poche ça nous force à sortir de notre zone de confort», indique-t-elle.

«On a chacune nos chances, je ne me mets ni devant ni derrière mes concurrentes»

Elisabeth Gerritzen, deuxième du classement général du Freeride World Tour

La Suissesse peut légitimement viser le titre. Pour cela, elle devra bien négocier les deux dernières étapes - la saison est raccourcie en raison du contexte sanitaire - à Fieberbrunn (Autriche) du 6 au 12 mars et à Verbier, du 20 au 28 mars.

Que pourrait-elle rêver de mieux que décrocher le Graal à domicile, là où elle a remporté sa première victoire sur le FWT? D’autant que le parcours de la station valaisanne se marie à ses qualités: «Maude, Juliette et moi devrions être avantagées par rapport à Hedwig, qui est avant tout très forte sur ses backflips. Elle tente des choses incroyables et cela lui a permis d’obtenir d’excellents résultats. Mais le Bec des Rosses n’est pas vraiment un endroit favorable sur cet aspect. La portion est très raide. Les juges vont être attentifs à la rapidité et la fluidité. Ce qui correspond mieux au ski de Juliette, Maude et moi.»

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