Fournitures de bureau: Quand la rentrée sponsorise les papeteries
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Fournitures de bureauQuand la rentrée sponsorise les papeteries

La rentrée ne fait pas que des malheureux. Des boutiques comptent sur cette période charnière de l'année pour renflouer leurs caisses.

ARCHIVES - PHOTO D'ILLUSTRATION, AFP

Duplirex constate, la semaine de la rentrée, une hausse des ventes cinq fois supérieure au volume habituel. «Le mois d'août représente entre 18 et 20% du chiffre d'affaires annuel. Noël, l'autre temps fort de l'année, ne parvient pas à égaler ce pourcentage», précise une responsable de l'enseigne qui possède six magasins dans les cantons de Vaud et du Valais.

Même son de cloche auprès de la papeterie BO-Papier à Fully (VS): «Pour ce qui est du Valais, où se situe principalement notre activité scolaire, il y a environ 300 à 400 élèves supplémentaires dans les degrés enfantine et primaire cette année. Cela a certainement contribué à l'élargissement de nos ventes», explique Yves Roduit son directeur.

Les fournitures d'école représentent environ 50 à 60% du chiffre d'affaires global de l'enseigne. Ce pourcentage est resté stable, ces dernières années. «Cette année, malgré l'augmentation des ventes, il sera de même niveau, du fait des prix plus avantageux sur de nombreux produits», anticipe Yves Roduit.

«Semaines décisives»

Auprès des grands distributeurs, les ventes de matériel didactique sont stables cette année chez Manor. Le groupe ne communique pas son chiffre d'affaires mais souligne que l'offre de fournitures scolaires est la plus importante de son rayon papeterie.

Chez Coop, les ventes d'articles d'école affichent une hausse sensible vers la fin des vacances scolaires, observe Nadja Ruch, porte-parole de l'entreprise. La société ne fournit toutefois pas de chiffre d'affaires pour des lignes de produits individuelles.

Son concurrent, Migros, a enregistré cette année des ventes légèrement plus élevées qu'en 2015 de mi-juin à début août. Les semaines à venir «seront décisives, les meilleures ventes en matière de matériel scolaire s'effectuent en effet à la suite directe de la rentrée. Nous pensons donc pouvoir maintenir cette avance», déclare Lisa Krähenbühl, porte-parole du géant orange.

Du côté des diffuseurs, les ventes d'ouvrages pédagogiques s'étalent sur plusieurs semaines. Les commandes de livres s'effectuent avant, pendant et après la rentrée, selon Transat qui approvisionne essentiellement les écoles privées genevoises. Il est donc trop tôt pour avoir des chiffres précis.

Touristes du net

En cette rentrée, Duplirex n'a pas constaté de concurrence liée aux achats en ligne. «Les ventes de telles fournitures sont stables d'année en année», souligne la responsable. L'entreprise possède son propre site Internet mais mise sur sa présence physique pour se développer.

Présent également sur la toile, Yves Roduit constate une hausse des affaires en ligne mais ne se sent également pas concurrencé par Internet. Selon lui, cette technologie offre au contraire de nouvelles opportunités: «Pour les ventes en ligne, notre rayon d'activité s'étend à toute la Suisse, alors que notre activité magasin est beaucoup plus limitée géographiquement», observe-t-il.

«Il est clair cependant que de nombreux «touristes d'achat» viennent en magasin uniquement pour voir le produit et son prix. Ils commandent ensuite sur la toile», déplore-t-il.

Besoin d'essayer

Migros ne constate pas d'impact réel du commerce en ligne sur ses chiffres de vente de produits didactiques. «Nous ne pensons pas que ce canal est prioritaire dans ce domaine. L'essayage en magasin est primordial, lors de l'achat d'un cartable destiné à accompagner un enfant quotidiennement pendant une ou plusieurs années», indique la porte-parole du groupe.

La société coopérative n'écoule pas de fournitures scolaires, ni d'articles de bagagerie sur Internet. Manor proposera les marchandises de son rayon papeterie en ligne dès 2017, précise Elle Steinbrecher, porte-parole de l'entreprise bâloise.

Quant au tourisme d'achat à l'étranger, il ne se fait pas sentir sauf pour certains produits précis comme le sac d'école par exemple, selon Yves Roduit. Manor abonde dans ce sens. «Les ventes étant stables, nous ne ressentons pas particulièrement cette concurrence pour les articles scolaires», ajoute Elle Steinbrecher.

«En raison des faibles différences de prix entre la Suisse et les pays limitrophes, le domaine des fournitures scolaires ne devrait pas souffrir du tourisme d'achat. Mais il est encore trop tôt dans la saison pour le savoir», prévient Lisa Krähenbühl.

Le fluo fait sa rentrée

Au niveau des fournitures scolaires, pas de tendance claire ne se dessine en cette rentrée. Les articles de marques connues comme Caran d'Ache et Dakine marchent toujours bien, selon Yves Roduit directeur de BO-Papier.

«Les produits dans les couleurs de la gamme fluo reviennent également à la mode», ajoute-t-il. Sans oublier les marchandises à caractère ludique comme le stylo frixion (effaçable). «Auprès des plus petits, les articles ayant trait à l'univers Disney plaisent toujours autant», souligne Duplirex.

Roulettes peu appréciées

Coop note que les parents privilégient de plus en plus les cartables avec un rembourrage dans le dos et des attaches ajustables sur le ventre. «Le poids du sac joue également un rôle dans la décision d'achat», affirme Nadja Ruch, porte-parole du groupe.

Les classiques «cartables à coque» restent des valeurs sûres, selon Migros. «En revanche, contrairement à nos pays voisins, les sacs à dos à roulettes ne séduisent pas la clientèle suisse. Les sacs en bandoulière affichent également un net recul depuis plusieurs années», précise Lisa Krähenbühl, porte-parole de l'entreprise.

Les classeurs, agendas, cahiers, blocs de feuilles, stylos, crayons et les fournitures de bureau restent les produits les plus demandés. A noter que les articles destinés explicitement à un public-cible très jeune se vendent en nombre bien plus restreint. Et en ce qui concerne la bagagerie, Migros observe, depuis plusieurs années, un engouement pour les sacs de gym.

Au final, «tout ce qui permet aux enfants d'exprimer leur propre style, c'est-à-dire tout ce qui permet de personnaliser leurs affaires d'école est très apprécié», conclut Manor.

(ats)

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