Motocyclisme: Quand le chat n’est pas là...
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MotocyclismeQuand le chat n’est pas là...

les souris dansent. Et on adore cela. Après le double triomphe de Fabio Quartararo, voici que Brad Binder écrit l’Histoire avec KTM, en l’absence de Marc Marquez.

par
Jean-Claude Schertenleib
Brad Binder est un homme heureux.

Brad Binder est un homme heureux.

Getty Images

Le rêve de toute une vie

Il est un exemple. De talent, de volonté, mais aussi de l’efficacité du système de formation supporté par KTM: Brad Binder, premier Sud-Africain à s’imposer dans la catégorie reine, a passé brillamment par la Rookies Cup, il a été champion du monde Moto3 avec KTM, il a gagné des courses en Moto2 avec la même marque – quand bien même elle venait d’annoncer qu’elle renonçait pour 2020 à la catégorie intermédiaire! – et voilà qu’à Brno, Brad et la RC16 orange ont été parfaits: «Un rêve de gosse qui s’est réalisé. Je suivais Fabio (Quartararo), j’ai vu qu’il éprouvait de premières difficultés avec sa roue arrière (pas de grip sur le circuit tchèque) et je l’ai passé. J’ai alors été surpris de me détacher. J’ai pu me rapprocher de Franco (Morbidelli) qui, à son tour, a dû baisser son rythme et j’ai pris la tête. Après, des sentiments étonnants sont nés, dans les derniers tours, même s’il n’y avait plus personne dans mon sillage, j’ai fermé toutes les portes», explique le héros du jour. Qui a écrit une page d’Histoire, en offrant à KTM son premier succès en MotoGP, à son troisième départ. C’est aussi le premier d’un «rookie», depuis un certain... Marc Marquez!

Zarco, l’autre héros du week-end

Dans ce championnat 2020 décidément différent de tous les autres, en l’absence provisoire du patron désigné du peloton, Marc Marquez, il y a désormais plusieurs héros. Johann Zarco est l’un de ceux-là. En pole position samedi, sur le podium dimanche après avoir dû subir une pénalité de «long lap» suite à une touchette avec Pol Espargaró (les KTM étaient peut-être en route pour un doublé!), le Français a été extraordinaire avec sa Ducati Desmosedici 2019. Cette pénalité et la manière dont le Français l’a digérée restera un des moments forts de la course. Un moment particulier pour Johann dont on sait que son aventure avec la marque autrichienne s’était terminée il y a une année, pour incompatibilité. Des regrets, de voir la RC16 devenue une moto gagnante? «Non. Brad a réussi ce que j’ai été incapable de faire, chapeau à lui. Il y a douze mois, je gagnais beaucoup d’argent en faisant de la m... Et ce n’est pas ma façon de penser. J’avais donc demandé d’être libéré de mon contrat.»

Ducati se raccroche à son... troisième team

Une décision qui avait fait couler beaucoup d’encre et qui complique encore un peu plus la situation de Ducati et d’Andrea Dovizioso (onzième), les deux parties n’ayant toujours pas trouvé un accord financier pour la prolongation de leur entente. Or, la performance de Zarco, ce week-end, a été suivie de près par les pontes de Borgo Panigale. Après la signification de la pénalité tombée sur le Français, on a vu Davide Tardozzi et Paolo Ciabatti, deux des patrons de la marque, intervenir directement auprès des officiels pour dire leur incompréhension. Tout cela alors que, sur le papier, Zarco n’est «que» le pilote de leur troisième équipe. Un signe qui dit que quelques surprises sont possibles ces prochaines semaines en vue de 2021...

La phrase du jour: Franco Morbidelli

«Tout le monde a l’impression que je suis un grand professionnel, très sérieux. Le problème jusqu’à l’an dernier, c’est que lorsque je suis chez moi, mes gênes brésiliennes – sa maman est née du côté de Recife, dans le Nordeste – ressortent et que j’avais tendance à aimer un peu trop la fête. Depuis cet hiver, c’est moins de fiesta et plus de travail. Et ça paie.»

Lüthi n’a plus le choix

«Il n’y a pas grand-chose à dire de cette course. Nous devons continuer de travailler la main dans la main et chercher les solutions»: Tom peine à s’adapter aux nouveaux pneus Dunlop fournis cette année et son équipe technique est incapable de lui proposer une moto avec laquelle il se sent bien: «Quand on ne sent pas l’avant, il est impossible de rouler à un haut niveau dans la catégorie.» Pourquoi insiste-t-il? Pourquoi ne pas provoquer un changement interne? Tout simplement parce que le team Liqui Moly Intact GP est le seul dans lequel Lüthi pourra continuer, l’an prochain, de rouler dans des conditions économiques – c’est important, à ce stade de sa carrière – intéressantes. Il n’a donc plus le choix: éviter les critiques publiques, se persuader que ça ira mieux demain et espérer que pour ce qui devrait être sa dernière saison en GP – la dix-neuvième, peu de pilotes au monde ont tenu aussi longtemps -, il arrivera à convaincre ses partenaires que quelques changements de personnes sont nécessaires dans son coin de box.

Aegerter aura d’autres occasions

La décision n’est pas encore définitivement arrêtée, mais tout laisse à penser que, le week-end prochain et peut-être le suivant, en Autriche, Dominique Aegerter pilotera encore la NTS de Jesko Raffin, dont le mal n’est toujours pas cerné avec certitude. En course, un bon départ, un bon début de GP, puis lui aussi a souffert de la dégradation des pneumatiques: «Je n’étais pas loin de mon équipier, mais le but... c’est d’être devant lui. Et dans les points!»

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