Moto GP - Quand le froid provoque… des chaleurs!
Publié

Moto GP Quand le froid provoque… des chaleurs!

«Se faire une chaleur», terme d’argot motorisé – et pas seulement! - qui signifie «se faire peur». A Silverstone, Fabio Quartararo et Marc Márquez (vendredi), mais beaucoup d’autres aussi, sont tombés. Parce qu’il fait
froid…

par
Jean-Claude Schertenleib

Les Britanniques, qui ne manquent pas d’humour, se régalent cette fin de semaine à Silverstone. Quand les essais commencent dans la matinée et que le mercure marque fièrement 14 degrés, avec un asphalte à 17, ils rappellent avec fierté qu’on est en plein été. Et quand, samedi après-midi, au moment décisif des qualifications MotoGP, on atteint des valeurs extrêmes – 18 degrés dans l’air, 25 au sol -, on parlerait presque de canicule.

Bref, la Grande-Bretagne, ça se mérite et pour les pilotes et les manufacturiers en pneumatiques, le défi est de taille et tous doivent faire fi de ce qui n’est pas un détail. La preuve avec Valentino Rossi, l’autre héros des qualifications (8e) avec Pol Espargaró (pole position):

«Après la séance de la matinée, je penchais pour la gomme «medium» à l’arrière, car le mélange dur est plus difficile à mettre en température. Mais lors de la dernière séance d’essais libres, celles où l’on se teste sur la durée, j’étais plus rapide avec le pneu dur. De toute façon, il sera difficile d’aller au bout avec l’un comme avec l’autre; il va falloir comprendre lequel des deux va s’user le mieux.»

Le choix pneumatique constituera donc la clef de la course. Un problème d’ores et déjà résolu pour 2022? Stuart Pringle, l’administrateur-délégué du circuit de Silverstone, a annoncé samedi soir la date du prochain GP de Grande-Bretagne: le 7 août 2022, soit trois semaines plus tôt que cette année: «J’ai le plaisir de vous faire connaître la nouvelle date d’un événement qui fait partie de notre engagement à long terme pour les courses de deux-roues à Silverstone.»

CEO de Dorna, le promoteur du championnat du monde, Carmelo Ezpeleta, a rappelé le côté légendaire et emblématique des lieux. Avant de préciser: «Nous sommes ravis d’y retourner un peu plus tôt dans l’été, ça nous permettra d’en profiter pleinement sur le plan météo.» Si c’est le patron qui le dit…

L’œil de Marc Márquez

Tomber à 274 km/h et se relever avec pour seul souci physique des poussières de sable dans l’œil droit tient du miracle. C’est ce qui est survenu à Marc Márquez vendredi matin et, en fin d’après-midi, l’octuple champion du monde a fait un détour par l’hôpital pour un nettoyage complet.

Samedi matin, Márquez est entré dans son box avec des lunettes de soleil. Souci? «Mon œil va beaucoup mieux, ce n’était pas un grand problème; hier (vendredi) après-midi, ce m’a passablement gêné, parce que des larmes coulaient. Mais aujourd’hui (samedi), tout va bien, si ce ne sont quelques douleurs dans tout le corps. Quand on tombe à plus de 270 km/h, c’est ainsi»

Comment conserver un diamant…

On souligne très souvent la qualité de la filière créée par KTM, de la «Rookies Cup» au MotoGP. On a vu, il y a trois semaines lors du GP de Styrie, que cette filière pouvait parfois être secouée par des événements internes, l’annonce de la promotion en MotoGP de Raúl Fernández ayant provoqué des réactions dans l’entourage du pilote espagnol, qui négociait en même temps avec Yamaha. Tout est rentré dans l’ordre, Raúl a gagné le GP d’Autriche, il a du même coup diminué l’écart qui le sépare du leader du championnat Moto2, son équipier Remy Gardner.

La marque autrichienne a un autre diamant, qu’elle tient absolument à conserver; c’est, bien sûr, le «rookie» Pedro Acosta, leader du championnat Moto3. En Grande-Bretagne, on parle de plus en plus d’un contrat prolongé pour les trois prochaines saisons, 2022 et 2023 en Moto2 et une place garantie en 2024 en MotoGP. Au début de la saison 2024, Pedro Acosta n’aura pas encore 20 ans…

Thomas Lüthi déçu

Avant la pause estivale, on aurait presque crié à l’exploit: Thomas Lüthi qui gagne son ticket direct pour la phase finale des qualifications (les 14 plus rapides après les trois séances d’essais libres)! Mais depuis la reprise, on a observé une amélioration lente et continue de son niveau de performances. Comme cette huitième place matinale vendredi.

«S’élancer de la dix-septième place de la grille, c’est beaucoup trop loin, mais je ne vais pas pour autant renoncer.»

Thomas Lüthi, pilote suisse

Malheureusement, au moment décisif, les choses ont été plus compliquées: «Une journée difficile, nous n’avons pas atteint le but fixé. Bien sûr nous avons passé le cap direct vers Q2, mais pendant la séance de qualification, je n’ai jamais trouvé un bon rythme, j’ai été incapable de sortir un tour propre. S’élancer de la dix-septième place de la grille, c’est beaucoup trop loin, mais je ne vais pas pour autant renoncer.»

Un Lüthi dont le guidon ne sera pas longtemps resté inoccupé: c’est l’Argentin Gabriel Rodrigo, actuellement onzième du classement intermédiaire du championnat du monde Moto3, qui sera l’équipier de Bo Bendsneyder en 2022.

Votre opinion