15.11.2020 à 12:44

BDQuand le Marsupilami fait peur

Frank Pé et Zidrou rendent un hommage étonnant au célèbre animal créé par Franquin. Un récit noir, mais qui n’oublie pas le monde de l’enfance.

von
Michel Pralong

Quand les éditions Dupuis ont acquis, en 2013, les droits du Marsupilami, que son créateur Franquin avait conservés après avoir quitté la série «Spirou», on s’imaginait bien revoir l’animal dans les aventures du célèbre groom. Ce que Yoann et Vehlmann n’ont pas manqué de faire dans l’album 55 de «Spirou et Fantasio», en 2017: «La colère du Marsupilami». Mais voilà, c’est à peu près tout pour l’instant.

Jusqu’à l’arrivée de cet étonnant «La Bête». Pas moyen de se tromper, la bête en question est bien le Marsupilami, puisque c’est lui qui figure en couverture. Mais son aspect est inhabituel. Certes, on a déjà vu le bestiau en colère, notamment lorsqu’on s’en prend à sa famille, mais là, il a l’air carrément féroce. Et son côté simiesque apparaît plus clairement que jamais.

Un Marsu réaliste

Car pour une fois, le Marsupilami est dessiné de manière semi-réaliste. Il est même plus réaliste que les personnages humains du récit. Et son apparition dans l’histoire n’a rien pour le mettre de bonne humeur. Le récit se déroule en Belgique, en 1955 (soit 3 ans après la création du personnage par Franquin). Un bateau vient d’arriver au port après un gros retard dû à une panne. Presque tous les animaux sauvages embarqués clandestinement à bord pour en faire le trafic sont morts. Tous, sauf un. Vous avez deviné lequel, d’autant que, une fois débarrassé de ses geôliers, il pourra s’enfuir en poussant un retentissant «Houba!»

Il sera retrouvé presque agonisant par un enfant avec qui il se liera d’amitié. Le môme en question est raillé par ses camarades, puisqu’il est un enfant de la honte, sa mère ayant eu le tort de tomber amoureuse d’un soldat allemand pendant l’occupation de la Belgique. Le décor est planté, Zidrou peut dérouler son récit, comme il sait très bien le faire, réservant bon nombre de belles surprises. Une histoire d’ailleurs conséquente puisqu’elle occupera 300 pages en deux tomes.

Un pro du dessin animalier

Et, évidemment, il y a le dessin de Frank Pé. Si les lecteurs ont pu le découvrir avec sa série écolo avant l’heure «Broussaille», dans les pages du journal Spirou, sa puissance graphique a explosé avec «Zoo», une série où déjà les animaux étaient rois. L’idée de lui avoir confié le Marsupilami est géniale. On se réjouit de la suite. Mais également, à l’occasion, de retrouver un Marsu plus, comment dire, joyeux et drôle. Aux côtés de Spirou, bien sûr.

«La Bête», Tome 1, de Zidrou et Frank Pé, Éd. Dupuis, 156 pages

«La Bête», Tome 1, de Zidrou et Frank Pé, Éd. Dupuis, 156 pages

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3 commentaires
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Fredpan

16.11.2020 à 23:49

Bizarre, ce marsupilami a un nombril alors que cet animal est ovipare.

Nullissime

16.11.2020 à 04:30

Pourkoi pa marsu covidé en 18+?

banana fuego de la tchaux

15.11.2020 à 16:37

jaime bien le marsupilami originale mais pas celui la il est hypermoche on dirait qui vient de tchernobyl