Publié

EditorialQuand le peuple suisse rappelle à l'ordre l'UDC!

Avec un refus de deux Suisses sur trois, l'initiative contre les juges étrangers se transforme en flop. Malgré ses moyens, l'UDC est-elle devenue une machine à perdre ?

par
Eric Felley
Depuis quatre ans, l'UDC n'a pas gagné une votation phare. Après la mauvaise surprise du 14 février 2014, l'opposition à l'UDC a appris de sa défaite en devenant plus concertée.

Depuis quatre ans, l'UDC n'a pas gagné une votation phare. Après la mauvaise surprise du 14 février 2014, l'opposition à l'UDC a appris de sa défaite en devenant plus concertée.

Ce devait être le grand jour de l'UDC annoncé depuis trois ans. Depuis le dépôt de son initiative phare, tout semblait converger vers cette grand fête populaire contre les juges étrangers, les baillis et autres magistrats métèques de Bruxelles. Après avoir dépensé des millions dans cette opération, l'UDC n'a guère réussi à convaincre au-delà de ses troupes sur un sujet dont elle faisait dépendre rien moins que la survie de la démocratie helvétique.

Ce rappel à l'ordre de l'UDC par le peuple suisse permet d'assainir le débat sur le rôle international de la Suisse et confirme la politique menée par les institutions: le Conseil fédéral mais aussi le Tribunal fédéral mis en cause. Demain, la session d'hiver des Chambres fédérales va commencer dans une ambiance plus détendue, plus proche de l'esprit de Noël et avec moins d'arrogance du côté de la baronnie zurichoise de l'UDC.

Cette défaite s'ajoute à une liste qui s'allonge. Depuis sa victoire contre l'immigration de masse en février 2014, l'UDC a perdu ses combats: l'initiative de mise en oeuvre contre les étrangers criminels en 2016 par 58,9%, le référendum contre la loi sur l'asile en 2016 par 66,8%, la loi contre la naturalisation facilitée en 2017 par 60,4% et No Billag par 71,6%.

Chauvinisme sans complexe

Pourtant la question de l'autodétermination méritait d'être posée en ces temps agités par les poussées nationalistes dans de nombreuses démocraties. Ce même 25 novembre l'Union européenne formalise son divorce chaotique avec le Royaume-Uni. L'UDC rêvait d'un Swissxit le 25 novembre, d'une Suisse qui affirme son chauvinisme sans complexe dans le concert des nationalismes désinhibés. Mais la majorité du peuple n'a pas suivi son charabia juridique. Les minarets et les criminels étrangers étaient plus faciles à vendre.

Aujourd'hui, la plupart des responsables de l'UDC mettent la faute sur une campagne jugée trop douce, trop molle. En réalité, depuis le séisme de février 2014 et ses suites politiques, une certaine Suisse, diverse et solidaire, s'est réveillée et n'entend plus se laisser surprendre par le jeu de l'UDC.

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!