Commentaire - Quand le président de l’UDC insulte Genève et Lausanne

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CommentaireQuand le président de l’UDC insulte Genève et Lausanne

Pleines de «parasites», de «clandestins et de criminels qu’elles caressent dans le sens du poil», les deux capitales romandes sont dans la cible du président de l’UDC Marco Chiesa.

par
Eric Felley
Genève, avec sa politique de régularisation des clandestins, figure dans le top des villes à majorité rose-verte dans la cible de l’UDC.

Genève, avec sa politique de régularisation des clandestins, figure dans le top des villes à majorité rose-verte dans la cible de l’UDC.

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«Nous déclarons la guerre à cette gauche moralisante et condescendante. Les villes qui mènent des politiques nuisibles pour notre pays et notre prospérité doivent être privées d’argent.» C’est donc une «guerre» que l’UDC, par son président Marco Chiesa, a lancée ce 1er août contre les villes à majorité rose-verte de ce pays. Des villes grouillantes de «parasites», de «clandestins et de criminels» protégés par la «gauche caviar» et les «écolo moralisateurs».

En Suisse alémanique, Zurich, Bâle et Berne sont dans la cible. En Suisse romande, pas besoin d’aller chercher loin, ce sont les deux capitales: Lausanne et Genève. Étrange paradoxe, lors de ce même 1er août, le président Guy Parmelin prononçait justement à Lausanne un discours sur les valeurs qui nous rassemblent. Dans le journal de son parti, le Vaudois de l’UDC a même écrit à cette occasion: «J’aspire à une bonne cohésion entre les jeunes et les aînés, entre la ville et la campagne, à une cohésion qui dépasse le Röstigraben et le Polentagraben». Tout le contraire de la diatribe clivante du président de son parti.

Pour faire la guerre, il faut être deux

Marco Chiesa a pesé chaque mot pour opposer les francs campagnards épris de liberté aux urbains corrompus par la morale écologiste. Le conseiller aux États tessinois parle du «mépris et de la condescendance» affichés par ces derniers envers les ruraux. Mais c’est lui qui distille un mépris aux accents haineux. Il arrive à aligner six fois de suite le terme de «parasites» vivant au crochet des Suisses. Bref, c’est peut-être une recette qui plaît au Tessin, mais en Suisse romande, c’est un ton outrancier qui fait plutôt hausser les épaules. Et finalement, pour faire la guerre, il faut être deux. Sinon on gesticule dans le vide.

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