30.10.2018 à 11:40

FootballQuand le Real manque de classe. Et de mémoire...

En rejetant toute la faute sur Lopetegui dans un communiqué d’une rare sécheresse, le club madrilène choque toute l’Espagne.

par
Daniel Visentini
Florentino Perez: simple manque d'élégance ou amnésie? Ou les deux?

Florentino Perez: simple manque d'élégance ou amnésie? Ou les deux?

AFP

La phrase qui tue: «La direction comprend qu'il existe une grande disproportion entre la qualité de l'effectif du Real Madrid, qui compte huit joueurs nominés au Ballon d’or, un fait sans précédent dans l'histoire du club, et les résultats obtenus jusqu'à ce jour».

C’est officiel depuis lundi soir, Julen Lopetegui n’est plus l’entraîneur du Real Madrid. Mais on était en droit d’attendre un peu plus de classe de la part de l’institution madrilène au moment de formaliser son limogeage. Et c’est bien ce qui choque toute l’Espagne.

Bien sûr que les résultats sont à des années-lumière de ce que le triple vainqueur de la Ligue des champions est en droit d’attendre: neuvième place en Liga après 10 journées, avec sept points de retard déjà sur un Barcelone qui vient d’humilier les Merengue 5-1. Mais enfin, soyons sérieux: les mots ont une portée, un sens, et au moment de couper la tête de Lopetegui, l’arrogance du club qui le désigne comme seul responsable est effarante. «Marca», l’important quotidien sportif, l’a souligné: «Un communiqué embarrassant», est-il écrit dans ses pages.

Embarrassant pour le président du Real, oui. Il faut croire que Florentino Pérez, en plus du manque d’élégance dans la circonstance, est également frappé d’amnésie. D’abord, rejeter toute la faute sur un seul homme, fût-il l’entraîneur qui n’a pas eu le rendement souhaité, c’est déjà fort de café pour qui n’a anticipé ni le départ de Zinédine Zidane, le prédécesseur, ni de Cristiano Ronaldo, l’homme providentiel.

Ensuite, c’est bien le brave Pérez qui aura fait des pieds et des mains pour signer un contrat avec Lopetegui juste avant le Mondial, alors que le technicien s’apprêtait à disputer le Mondial 2018 à la tête de l’Espagne. On connaît la suite: la Fédération espagnole, outrée, se séparait de Lopetegui quelques jours avant la Coupe du monde, avec le fiasco que l’on sait pour la Roja ensuite.

Bref, on se dit que s’il y a une logique, les socios du Real se chargeront de la souffler à l’oreille de Florentino Pérez lors des prochaines élections présidentielles. L’argent n’achète pas tout.

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