Confort numérique: Quand le Wi-Fi a besoin d'un pont solide

Actualisé

Confort numériqueQuand le Wi-Fi a besoin d'un pont solide

Notre test du GigaGate, une solution lorsque votre routeur est trop éloigné de l'endroit où se concentrent vos objets connectés.

par
Jean-Charles Canet
Branché dans un salon, le module «récepteur» du Gigagate. Quelques appareils y étant reliés par câbles RJ45, trouver un endroit pour cacher tout cela est devenu une priorité.

Branché dans un salon, le module «récepteur» du Gigagate. Quelques appareils y étant reliés par câbles RJ45, trouver un endroit pour cacher tout cela est devenu une priorité.

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Imaginons que vous êtes connecté à Internet et que votre opérateur vous a fourni un routeur-modem wi-fi (c'est la norme en Suisse). Imaginons aussi que votre routeur n'est pas assez proche de l'endroit où se concentre la majorité de vos appareils connectés et que cet éloignement pose problème: l'accès à YouTube est aléatoire. Netflix vous balance une bouillie de pixels à la place de la belle image HD à laquelle vous avez souscrit. Vos partie multijoueurs sur «Overwatch» sont pleines de hoquets. Le requiem de Mozart s'interrompt sans crier gare et ne reprend que selon le bon vouloir d'on ne sait quel dieu. Tout cela sont les signes que votre signal wi-fi , affaibli par la distance et les obstacles, est passé de fleuve tranquille à un très insuffisant ruisselet.

C'est pour résoudre ce genre de problème que le constructeur allemand Devolo a conçu le GigaGate et c'est pour vérifier si cette solution est plus pertinente que celle que nous avions choisie jusqu'ici que nous l'avons testé.

Déballage

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Le GigaGate se compose de deux petits modules noirs, assez design, plutôt discrets et qui se posent verticalement. L'un est émetteur. Il est relié par un câble RJ45 au routeur de la maison (on ne peut pas se tromper, il n'y a qu'un seul connecteur). L'autre est récepteur et se place dans l'espace choisi. Entre cet émetteur et ce récepteur un pont radio est établi. Il est annoncé par Devolo comme solide (il emploie une fréquence peu fréquente de 5 GHz et se trouve donc moins sensible aux perturbations) et performant. Sur le récepteur, jusqu'à cinq appareils peuvent être branchés physiquement (RJ45 toujours) dont un est un connecteur super-mega-giga rapide. A réserver à l'application la plus demandeuse de débit. Le module génère aussi son propre réseau Wi-Fi que les autres appareils sans fils peuvent emprunter.

Le terrain de jeu

Notre lieu de test a été un domicile dans lequel l'accès internet se situe dans un grenier. Les limites du signal wi-fi se manifestant essentiellement au salon, deux étages plus bas, c'est ici que nous avons choisi de déposer l'autre bout du pont. Le premier constat est encourageant: quelques secondes après leur activation, les deux modules se sont reconnus et le pont s'est établi sans aucune autre forme d'intervention. Tous les voyants se sont mis au blanc, signe que tout va bien.

Sur le récepteur, nous avons physiquement branché une console de jeu, une Apple TV et un téléviseur. Pour éviter que la forêt de câbles ne déshonore notre portail, nous avons veillé à ce que le module soit bien caché derrière l'écran. Les autres appareils, du genre smartphone ou tablette, ont été reliés au nouveau réseau wi-fi «devolo-quelquechose» que le module crée par défaut. Le mot de passe est imprimé sur la base du module. Il va sans dire que tout cela peut être modifié par la suite, mais cela implique de mettre les mains dans le cambouis.

Dans ce cas de figure, le module trouve sa place esthétiquement idéale dissimulé derrière un téléviseur - dr.

Dans ce cas de figure, le module trouve sa place esthétiquement idéale dissimulé derrière un téléviseur - dr.

Venons-en aux performances. Là où parfois nous connaissions quelques baisses de régime voire de brèves interruptions de service, c'est la stabilité qui s'est imposée. Youtube a youtubé en chaîne, Netflix a netflixé en glorieuse HD, la console fait passer ses interminables téléchargements et mises à jour plus rapidement. Mais plus que la vitesse, c'est surtout un sentiment de robustesse du signal qui s'est imposé au cours de ces dix derniers jours.

Il faut cependant bien dire que la distance entre les deux modules imposée par notre configuration de test (deux étages, rappelons-le) n'est pas négligeable et il arrive parfois que le voyant blanc, indicateur de connexion optimale, passe au rouge, indicateur de connexion affaiblie, avant de revenir au blanc. Cet état intermittent (avec le blanc dominant sur le rouge) montre que le pont que nous avons installé est à la limite d'être trop étendu. Pourtant, ces brèves tensions ne sont jamais traduites par des dysfonctionnements ou nous n'avons pas constaté de baisses de performances sensibles. Soulagement, donc.

Les deux modules du GigaGate vus de dos. - dr

Les deux modules du GigaGate vus de dos. - dr

Ce n'est que lorsqu'on souhaite personnaliser plus profondément notre expérience que le GigaGate rappelle son statut d'objet numérique plus complexe qu'il en a l'air. On accède au menu via un ordinateur soit en passant par un logiciel maison, soit par un navigateur après avoir tapé l'adresse IP du système. Le logiciel de configuration n'étant pas le plus convivial du marché (il est pourtant censé nous faciliter la vie), on confesse s'être un tantinet perdu dans les menus avant de pouvoir, par exemple, ordonner au système de cloner notre réseau wi-fi originel plutôt que d'en créer un second en parallèle. Sans grand succès apparent par ailleurs. De plus, le bouton de mise à jour des microprogrammes des modules ont produit systématiquement des message d'erreurs. Si tant est que nous avons dû aller sur le site du constructeur pour aller dénicher les dernières versions des fichiers pour les installer manuellement, option heureusement proposée. Ces deux contrariétés ne font que confirmer que la marge de progression de Devolo en matière logicielle est encore assez importante.

Au final conseillerions-nous une telle solution? Difficile à dire tant chaque cas est particulier. Pour notre part, nous avions jusqu'ici utilisé des relais Wi-Fi Airport d'Apple pour étendre le réseau sans fil. C'était fonctionnel mais le débit au salon était sur la frontière de l'acceptable. Nous avions un temps envisagé d'utiliser une solution qui passe par le réseau électrique (CPL) jusqu'à nous apercevoir que les modules branchés sur le courant causaient des interférences (bourdonnement) sur un de nos appareils audio. Sans cela, cela pourrait être la solution optimale. Et puis tirer un câble réseau dans chaque pièce, on ne l'a jamais sérieusement envisagé. Pour ce cas donc, le GigaGate s'est révélé une option très convaincante avec un rapport efficacité / prix raisonnable (279 francs conseillés).

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