Il y a un an: le (semi)confinement: Quand les concerts au balcon réchauffaient les cœurs
Publié

Il y a un an: le (semi)confinementQuand les concerts au balcon réchauffaient les cœurs

C’est l’une des belles choses qui sont nées de cette période sous cloche: les notes jouées par des artistes pour leurs voisins. Et pour se sentir utiles.

par
Laurent Flückiger
La virtuose moldave Alexandra Conunova joue pour ses voisins depuis son balcon, à Lausanne.

La virtuose moldave Alexandra Conunova joue pour ses voisins depuis son balcon, à Lausanne.

AFP via Getty Images

Un soir de mars, Alexandra Conunova a pris son violon et a offert quelques minutes lyriques à ses voisins depuis son balcon. Le mouvement était lancé: plusieurs fois par semaine, juste après les applaudissements de 21 h, la virtuose allait réchauffer les cœurs des petits et des grands depuis le dernier étage d’un petit immeuble dans le quartier sous-gare, à Lausanne. «Je pense que je ne me suis jamais sentie aussi utile en tant quartiste que pendant ce confinement parce que je sais que je fais du bien aux gens», racontait à lAFP cette femme de 31 ans née en Moldavie et formée notamment par Renaud Capuçon.

C’est l’une des belles choses qui sont nées du (semi)confinement: les concerts au balcon. Un Valaisan, Alain Léger a appelé tous les musiciens des différentes fanfares de son canton à jouer «Marignan». Amandine, révélée en 2016 dans l’émission «The Voice» sur TF1, a chanté durant quarante minutes avec son guitariste. Elle a même créé un petit attroupement dans la capitale vaudoise qui a provoqué une intervention de la police. Couleur3 a organisé un rendez-vous hebdomadaire qui permettait aux participants de communier depuis chez eux en écoutant la même musique. Sans compter les initiatives qui n’ont pas été médiatisées et qui ont permis aux Suisses de découvrir qu’ils étaient entourés de gens (souvent) talentueux.

Aux balcons ou en ligne, les artistes ont d’abord voulu partager leur métier et leur passion. Ils ont ensuite aussi cherché à se faire entendre pour affirmer qu’ils sont essentiels. Peut-être que certains ont même imaginé qu’ils se «réinventaient», pour citer cette horrible expression censée encourager à aller de l’avant. Durant le (semi)confinement, Alexandra Conunova prédisait: «Dans quelques mois, lorsque la vie reprendra son cours, je suis sûre quencore plus de gens vont vouloir aller dans les salles de concert parce quils auront compris à quel point la musique peut être, oui, que la musique peut en quelque sorte sauver les âmes.» Il faudra encore attendre pour vérifier sa prédiction, car, un an après, les salles restent fermées.

Vendredi 19 mars, dans notre série «Il y a un an: le (semi)confinement», retrouvez un nouvel épisode: «Quand les marquages au sol ont commencé à envahir nos villes».

Votre opinion

3 commentaires