Il y a un an: le (semi)confinement: Quand les marquages au sol ont commencé à envahir nos villes
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Il y a un an: le (semi)confinementQuand les marquages au sol ont commencé à envahir nos villes

Pour faire respecter les distances de sécurité, on a multiplié la pose de rubans adhésifs, dans les grandes enseignes d’abord à partir de la mi-mars. Pas toujours facile de s’y retrouver et de se faire respecter.

par
Laurent Flückiger
Avec la jungle des marquages, le sol suisse a commencé à ressembler à celui d’une salle de gym.

Avec la jungle des marquages, le sol suisse a commencé à ressembler à celui d’une salle de gym.

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Ils sont en ruban adhésif, sous forme de stickers, dessinés à la craie, composés de smileys ou d’empreintes de chaussures, ils sont fléchés et parfois compliqués: ce sont les marquages au sol. Ils ont envahi nos villes il y a un an. Si quelques enseignes avaient pris les devants, c’est le 19 mars 2020 que les commerces de détail annoncent mettre en œuvre les dernières recommandations de lOFSP pour mieux protéger leurs employés du coronavirus. Parmi celles-ci la distance de deux mètres au moins entre clients doit être respectée à la caisse.

Il a fallu s’habituer. D’abord à regarder par terre, puis repérer la ligne, rester bien derrière. Surtout ne pas donner l’impression au ou à la client(e) de devant qu’on veut lui tousser sur la nuque – nous ne portions pas de masque. Mais que faire quand on nous colle par-derrière? On est en Suisse, on ne dit rien. Tout juste un petit mouvement d’humeur (qui ne sera pas compris). Donc quel est le réflexe, comme souvent? On s’avance et c’est la personne de devant, acculée, qui nous fait les gros yeux – on est en Suisse.

Cela a tout de même changé en bien la vie de ceux qui se laissent d’habitude marcher sur les pieds. Enfin se sont formées des vraies files comme en Angleterre, bien alignées, chacun à la queue leu leu, personne ne dépassant. La plupart du temps. Car, parfois, si on a le malheur de laisser trop de distance avec le voisin de devant, quelqu’un se glisse entre-deux en toute impunité – on est en Suisse.

Un an après, on ne se rend plus compte qu’à mesure où il y a eu des réouvertures on découvrait une vraie jungle sur le sol. Des serpentins devant les magasins de bricolage, des labyrinthes devant Ikea, des pistes qui amènent aux guichets de la poste, des circuits à la cafétéria, des lignes de démarcation pour le service au bar, des sentiers pour indiquer où circuler et des flèches pour indiquer où sortir, des sens interdits, des petits ronds «j’attends ici». Du noir, du rouge, du blanc, du vert, du jaune, du bleu: le sol suisse ressemble aujourd’hui un peu à celui d’une salle de gym. Et malheureusement, ce n’est pas pour jouer.

Lundi 22 mars, dans notre série «Il y a un an: le (semi)confinement», retrouvez un nouvel épisode: «Quand Thomas Wiesel a commencé à suivre toutes les conférences de presse»

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