Suisse: Quand les parents viennent voir le prof avec un avocat!

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SuisseQuand les parents viennent voir le prof avec un avocat!

Lors d'un entretien d'évaluation scolaire, des parents s'accompagnent parfois d'un avocat pour aller voir le titulaire de classe de leur enfant. Histoire de lui mettre la pression... En Valais, un député veut y mettre le holà!

par
Eric Felley
Lors d'un entretien d'évaluation entre les parents de l'élève et son titulaire, la présence d'un avocat est-elle bien judicieuse? Le Grand Conseil valaisan va se pencher sur la question...

Lors d'un entretien d'évaluation entre les parents de l'élève et son titulaire, la présence d'un avocat est-elle bien judicieuse? Le Grand Conseil valaisan va se pencher sur la question...

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Imaginez la surprise de l'enseignant qui se retrouve soudain en présence d'un avocat accompagnant les parents d'un élève pour son entretien annuel d'évaluation...

C'est pourtant ce qui s'est passé quelques fois en Valais dans certains établissements du secondaire. Malgré le peu de cas, le député suppléant Yannick Ruppen du PDC bas-valaisan, estime qu'il faut mettre bon ordre à cette pratique, qui peut déstabiliser le monde enseignant.

Quatre cas en Valais

«C'est en discutant lors d'une réunion interparlementaire avec des élus genevois que ce sujet est venu sur la table, explique le jeune politicien valaisan. A Genève, la présence d'avocats dans ce genre d'entretien a tendance à se confirmer et dans le canton de Vaud, quelques cas ressortent». Il a alors mené son enquête auprès des directions d'établissements du secondaire en Valais pour y découvrir quatre cas où «les enseignants ont découvert devant leur porte les parents accompagnés d'un avocat».

Pour faire passer un élève

Mais pour quelles raisons? «D'un côté, sa présence est un moyen de pression des parents sur l'enseignant lorsque les relations sont difficiles en classe ou dans le milieu scolaire. De l'autre c'est lié aux notes pour éviter que l'élève ne redouble une année...» Autrement dit, l'avocat va plaider pour faire passer l'élève au niveau supérieur, malgré des notes insuffisantes... Dans son enquête, il a constaté que souvent la seule menace de la présence d'un avocat est plus courante: «Cette situation et la pression qu'elle engendre ne sont pas tenables. Un dialogue entre parents et enseignants ne doit en aucun cas se transformer en réquisitoire...»

Seulement avec l'accord des parties

Le Grand Conseil valaisan se prononcera le 13 juin prochain sur le postulat de Yannick Ruppen qui demande de préciser dans l'ordonnance relative à l'évaluation du travail des élèves, que celui-ci contienne cette précision: «Les rencontres se font entre les parents et le titulaire. Une tierce personne peut être invitée avec l'accord des deux parties». Et, si les parents veulent quand même venir avec un avocat, l'enseignant pourrait bien en vouloir un aussi...

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