Actualisé 15.11.2019 à 08:03

Quand l’hôpital fait son cirque

Partenariat

L’association Hôpiclowns à Genève, soutenue par la Loterie Romande, s’est donné pour but de faire rire les malades, enfants et seniors. Tout un programme!

par
Victor Fingal
Anne Lanfranchi, directrice de Hôpiclowns à Genève, ici à droite avec un collègue, joue toujours au clown pour les enfants malades.

Anne Lanfranchi, directrice de Hôpiclowns à Genève, ici à droite avec un collègue, joue toujours au clown pour les enfants malades.

DR

«Nos sketches démarrent parfois par une simple porte difficile à ouvrir avant de faire irruption dans la chambre d’enfants malades!» Avec son costume et son nez rouge, Anne Lanfranchi, directrice de Hôpiclowns, n’hésite pas à faire rire des petits, malmenés par le sort: elle aussi, comme les 13 autres membres de l’association genevoise, a passé par une formation de clowns acquise dans le cadre d’une école de théâtre, et de nombreux stages avec divers formateurs renommés dans le milieu.

À l’Hôpital des enfants des HUG, les Hôpiclowns, toujours en duo, passent ainsi de chambre en chambre, de couloir en couloir, sans nier la maladie, ni la souffrance. «Parfois, des parents nous disent, «ce n’est pas le moment», mais finalement ils nous applaudissent. À nous de juger, si l’instant est réellement opportun ou pas.» Pour éviter les fausses notes, les clowns hospitaliers collaborent étroitement avec les équipes médicales. Afin d’être au plus juste des besoins de leur public et de s’adapter à l’état de souffrance physique ou psychique des jeunes patients.

Pour faire rire, un dialogue sur un sac à main en peau de chat, une descente à ski dans les escaliers, quelques pas de danse avec un petit malade font l’affaire. Mais ne fait pas le pitre qui veut en milieu hospitalier. «La première qualité que nous exigeons, c’est un niveau artistique de qualité, poursuit la directrice. La deuxième consiste à démontrer un intérêt suffisant pour travailler avec des enfants malades - parfois très malades - ce qui n’est pas donné à tout le monde. Sans oublier que 25% de notre activité est consacrée à des personnes âgées, en EMS, par exemple.»

Les clowns, tous des professionnels, interviennent avec régularité. Chaque semaine, le plus souvent deux fois dans chaque service de l’Hôpital des enfants à Genève. Pour les aînés et les adultes, les visites se déroulent mensuellement tout au long de l’année.

Les Hôpiclowns, un travail d’équipe

Plusieurs fois par mois, les 14 clowns se réunissent pour analyser et superviser leur travail artistique sous la forme d’un groupe de parole encadré par un psychiatre. «Notre association à but non lucratif est reconnue d’utilité publique, souligne encore Anne Lanfranchi, c’est dire si nous sommes dépendants d’aides extérieures comme celle de la Loterie Romande. La LoRo nous soutient particulièrement dans le financement de notre formation continue.»

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