Football: Quand «Micha» Stevanovic retrouve sa légèreté, Servette s’envole

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FootballQuand «Micha» Stevanovic retrouve sa légèreté, Servette s’envole

Deux buts, dont un ciseau magique: le Bosnien a montré le chemin face à ce Zurich battu 3-1.

par
Daniel Visentini, Genève
Sport-Center

À le croiser parfois du côté de la Praille, la mine un peu désabusée quand il fait ses courses au centre commercial, on aurait pu croire qu’il portait sur ses seules épaules le poids des soucis servettiens. «Micha» Stevanovic est comme cela: un taiseux éternellement insatisfait. Quand il distille deux assists, il se morfond de n’avoir pas réussi le troisième.

Quand il marque un but, il rumine cette autre occasion mal négociée. Et ça, c’est quand tout va bien. Alors ces derniers temps avec un Servette qui était à la peine et qui n’avançait plus vraiment ou presque, on imagine les images sombres qui devaient peupler l’esprit de Stevanovic.

Mais ce dimanche, comment s’est-il réveillé? À raison, il n’était pas satisfait de ses dernières performances jusqu’à ce match contre un Zurich privé de plusieurs titulaires (suspendus ou blessés). Alors? Alors Stevanovic a marqué deux buts et a quitté la pelouse avec la même mine que d’habitude, qui donnait à croire qu’il s’en voulait de n’en avoir pas fait plus.

Quand ce souci du perfectionnisme vous habite avec une telle intensité, il y a toujours quelque chose qui est sujet à l’insatisfaction. Pourtant, ce dimanche, «Micha» Stevanovic devrait s’autoriser un ou deux sourires, au moins. Le joyau grenat a été de tous les bons coups, de toutes les envolées, de toutes les inspirations.

S’il était un ton en dessous ces dernières semaines, quand il courait après son meilleur niveau, il a à nouveau illuminé les actions servettiennes. Cela n’a pas toujours suffi pour que ses coéquipiers convertissent ses impulsions en buts. Mais il y avait là un Stevanovic de retour. À l’image de Servette.

Retourné magistral

C’est peut-être pour cela que les Grenats n’ont pas paniqué quand Rohner a ouvert le score à la 12e minute. Stevanovic a surgi pour égaliser, remettre les pendules à l’heure, dissiper les doutes. Les siens et ceux de ses collègues. C’est encore Stevanovic qui a montré le chemin en deuxième période. Une remise de Sasso et un moment de légèreté: un ciseau magnifique qui laissait tout Zurich pantois, à commencer par le portier Brecher.

Stevanovic n’est pas du genre à se contenter d’un doublé, il trouvera toujours quelque chose à redire sur sa propre performance, fût-elle belle et efficace. Il faut espérer qu’il sera clément avec lui-même en ce dimanche. Il a porté les siens vers une victoire capitale, qui replace Servette sur de bons rails. Cela s’est confirmé avec un troisième but, le troisième obtenu sur un corner, qui s’est terminé par un penalty que Valls transformait sans trembler: comme quoi, ce Servette qui venait d’en rater trois de suite sait à nouveau tirer des penalties.

Un Stevanovic souriant ce dimanche? On veut le croire. Ce joueur est essentiel pour l’équipe et il l’a démontré encore une fois: c’est de cela qu’il doit se persuader, en oubliant un peu, pour une fois, ces gestes qu’il aurait voulus parfaits et qui ne l’ont pas toujours été. Ou cette fin de match qui a vu Servette parfois fébrile devant les poussées désordonnées de Zurich. «Stevanovic marque deux fois, il en avait sans doute besoin, cela va faire du bien pour son moral», lançait un Geiger qui prenait ces deux buts et cette victoire 3-1 en offrande pour son 100e match à la tête du Servette FC.

«Micha» Stevanovic de retour aux affaires, avec deux buts pour montrer le chemin à suivre, c’est Servette qui prend un grand bol d’air. Cela tombe bien, les Grenats en avaient bien besoin. Et «Micha» aussi.

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