Hockey sur glace: Quand Nelson Chiquet en Impose vraiment

Actualisé

Hockey sur glaceQuand Nelson Chiquet en Impose vraiment

Cyrill Pasche, journaliste au Matin, revient sur l'actualité du hockey suisse.

par
Cyrill Pasche
Dr

Une discussion de comptoir pour commencer. Mardi soir au sBIELbar de la Tissot Arena, après la victoire du HC Bienne contre le CP Berne en Coupe. Les Seelandais sont en demi-finale, mais les regards sont braqués vers la patinoire du Voyeboeuf, où les irréductibles Ajoulots viennent consécutivement d'éliminer une troisième formation de l'élite (Lausanne, Zurich, Langnau).

Il est évidemment question d'Auguste Impose, prêté par GE Servette - qui voulait initialement l'envoyer à Sion en 3e division… - et buteur magnifique en overtime pour le HC Ajoie. Et c'est là qu'un estimé collègue journaliste me dit, tel quel: «Auguste Impose, tu penses qu'il a envie de retourner à Genève, là? Moi je te dis que non, en fait il se dit: je ne repars plus d'ici, je me sens trop bien, c'est décidé, je reste dans le Jura.»

Le collègue s'enflamme, sort son iPhone et mime la scène. «Donc Auguste Impose, maintenant, il est au milieu du vestiaire du HCA, il prend son téléphone et cherche dans son répertoire qui appeler à Genève pour leur dire qu'il va rester en Ajoie. Sauf que là, il appelle qui, à ton avis? McSorley? Naaan, McSorley a plus rien à dire dans ce club. Quennec ? Naaan, Quennec est mal barré et de toute façon n'aura bientôt plus rien à dire non plus. Gillis? Naaan, Gillis, on ne sait pas trop ce qu'il trafique là-bas et on sait même pas s'il est à Genève. Hein, alors à ton avis, il téléphone à qui, l'Auguste? A Jimmy, le chef mat?»

C'est vrai après tout: à Genève, est-ce que les joueurs savent vraiment à qui s'adresser et qui dirige leur club?

1. Toujours appuyé au bar, ce même collègue, dans un élan de lucidité, me dit encore, tel quel: «Il est vraiment bon, Impose? Parce que moi je trouve que Nelson Chiquet est meilleur.»

Nelson Chiquet? Oui, Nelson Chiquet, de Fribourg-Gottéron... Ok. Mais pourquoi donc est-ce que le seul joueur qui nous vient à l'esprit lorsque l'on veut comparer les performances d'Auguste Impose doit forcément être… Nelson Chiquet? Ces deux jeunes joueurs n'ont pas du tout le même style de jeu, mais ils ont toutefois quelque chose en commun. Je n'arriverais toutefois pas à dire quoi…

Du coup, c'est sans doute pour les mêmes raisons que le seul gardien avec lequel on compare Pascal Caminada (174 cm) n'est autre que… Simon Rytz (175 cm). Caminada + Rytz = gardiens, petits gabarits, sympas. Et Sven Ryser à votre avis? Grand, 68, longs cheveux..?

2. Le débourrage médiatique de Valentin Nussbaumer étant désormais derrière nous, il est temps de tirer un premier bilan. Eh bien, le jeune attaquant de 17 ans du HC Bienne est déjà très bon à l'interview, la preuve avec l'excellente entrevue accordée à RFJ cette semaine (à réécouter ici).

On y trouve même quelques perles, comme celles-ci (retranscription fidèle des propos du joueur):

- A la question de savoir qui sont les joueurs avec lesquels il a le plus d'affinités, voici son explication : «Je suis assis à l'entrée du vestiaire juste à côté de Marc-Antoine Pouliot. Chaque matin, c'est super quand j'arrive il me sourit et me demande comment je vais. C'est vraiment plaisant d'arriver comme ça le matin, je suis pas stressé.»

Marc-Antoine Pouliot chaque matin:

- Quant à son intégration chez les pros, elle se passe visiblement super bien: «Dès que je passe la porte du vestiaire on me prend direct sous le bras, on m'emmène, etcetera.. »

- Et la NHL? Deviendra-t-il le nouveau Nico Hischier? «J'me dis pas gnâ gnâ gnâ faut que je sois drafté.»

3. Une petite dernière pour la route au sujet de Valentin Nussbaumer, qui vient de changer de numéro et porte désormais le 65 au lieu du 14. Pourquoi le 65? Le Journal du Jura a mené l'enquête: 65 parce que c'est le numéro d'Erik Karlsson (Ottawa Senators). Sauf que Nussbaumer avait dans un premier temps demandé le 88. Une requête balayée d'un revers de la main par le directeur sportif, Martin Steinegger. La raison? «Parce que c'est celui que portait Patrik Kane au HC Bienne». Oui, il était sympa Kane pendant trois mois avec ses dribbles et tout et tout, mais il n'a pas marqué l'histoire du club non plus… Quand je pense que pendant des années on a donné le 30 (Anken) a n'importe quel gardien remplaçant de passage…

Décidemment, les directeurs sportifs sont vraiment des rabat-joie cette saison.

4. Saluons le poignant (IRONIE) communiqué figurant sur le site web de la Ligue (SIHF)suite à la retraite de Martin Plüss, capitaine de l'équipe nationale durant 7 ans tout de même, sélectionné à 236 reprises, quatre participations aux JO et douze aux championnats du monde. Franchement, est-ce si difficile de mettre un tout petit peu d'émotion dans un texte, surtout lorsqu'il s'agit d'un des plus grands joueurs de l'histoire du hockey suisse?

5. C'est un journaliste de la Berner Zeitung qui l'avait fait remarquer sur Twitter: le maillot de Martin Plüss ne sera pas hissé sous le plafond de la Postfinance Arena. L'ex capitaine du SCB ne remplissait pas (jusqu'à ce matin) au moins quatre des cinq critères exigés par le club pour bénéficier du statut de légende: son premier club n'était pas le SCB et il n'a disputé que neuf saisons dans la capitale au lieu des dix requises. Une exception pourrait-elle être envisagée pour un joueur de sa trempe? OUI. Car figurez-vous que ce matin même, la direction du club a modifié les critères (trois au lieu de quatre à remplir, la fin de carrière au SCB étant impérative). On appelle cela la LEX Martin Plüss!

6. Faut-il vraiment s'offusquer lorsqu'un joueur (Denis Hollenstein) affirme en regardant droit dans une caméra TV qu'il envisage de rester dans son club (Kloten), tout cela pour apprendre quelques jours plus tard qu'il a signé ailleurs (Zurich)? Non, car les joueurs, pour commencer, ne prêtent pas serment avant de passer à la TV et ne sont d'ailleurs pas tenus de dire toute la vérité, et rien que la vérité. En fait, ils n'ont rien à gagner lorsqu'on les interroge sur leur avenir, si ce n'est de passer coûte que coûte pour des blaireaux…

7. Gaëtan Haas aux Calgary Flames, Gaëtan Haas aux Edmonton Oilers, Gaëtan Haas au Canadien de Montréal. Pas un jour ne passe sans que le centre du SCB ne soit associé à un nouveau club en NHL. Ses anciens coéquipiers du HC Bienne sont en tout cas unanimes: Haas vole sur la glace et pratique un autre sport qu'eux depuis qu'il a rejoint la capitale.

8. Serait-il envisageable que les speakers de National League - sauf à Berne et au Tessin- cessent d'annoncer le prénom des joueurs en espérant que le public scande leur nom de famille. Parce que c'est un flop monumental. Dans les années 80 et 90, ça fonctionnait bien. Mais là, c'est terminé. D'avance, merci.

Ton opinion