Actualisé 29.06.2020 à 08:30

FootballQuand Sion oublie de jouer au foot

La défaite des Valaisans à Bâle n'a en soi rien de dramatique. Mais la manière laisse songeur. Le ballon souffrira-t-il moins, jeudi contre Lucerne?

von
Simon Meier
Le coup de tête qui a fait mal.

Le coup de tête qui a fait mal.

Keystone

«L’état d’esprit.» Quand Paolo Tramezzani a dû trouver quelque chose de positif dans la défaite du FC Sion dimanche à Bâle (2-0), il a évoqué le caractère, la volonté de son équipe. Le coach italien de Tourbillon n’a pas tort: ses joueurs se sont accrochés mordicus à leur os (le point du 0-0), ne lâchant prise qu’à la 86e minute, sur une tête de Kemal Ademi suivie d’un coup franc victorieux de Samuele Campo à la 89e. Oui, les gars se sont battus devant leur gardien Kevin Fickentscher, très solide. Oui, ils ont gratté dans les duels, colmaté les brèches et lutté contre leurs limites. Mais, si l’on excepte le joli mouvement en contre de la 64e minute, ils n’ont jamais joué au football.

Lutter contre la relégation n’est pas jouer, nous dira-t-on. Paolo Tramezzani n’est pas revenu à Tourbillon pour rigoler, certes. Fabriquer un bunker et espérer qu’il tienne permet parfois d’empocher un point, voire trois sur un malentendu, d’accord. Perdre à Bâle n’est en soi pas une catastrophe, c’est juste, surtout quand les rivaux neuchâtelois et thounois ont aussi perdu. Mais pourquoi diable le FC Sion n’a-t-il pas plus essayé de jouer au football sur la jolie pelouse du Parc Saint-Jacques, face à des Rhénans pas irrésistibles non plus?

La tronche, le caractère, c’est nécessaire dans une lutte pour le maintien – il ne manquerait plus que les types s’en fichent. Mais c’est quand même avec leurs pieds, en général, que les joueurs font basculer des matches. Des fois, ils le font même en suivant une idée du jeu, celle que distille leur entraîneur par exemple. Parce que jouer, quand on est joueur professionnel, cela n’est pas si bête, n’en déplaise à l’enjeu. Et suivre un schéma constructif, prendre un minimum de plaisir en chemin, cela peut aussi être une façon de s’en sortir.

Le FC Sion a besoin de points et Paolo Tramezzani a voulu en arracher un à Bâle – à quelques minutes près, il aurait gagné son pari. Mais il l’a perdu et, à l’heure du bilan dominical, l’entraîneur ne pouvait retenir qu’une seule chose de positive: «l’état d’esprit» de ses joueurs. Mais s’ils ont le caractère et la volonté, pourquoi ne pas leur demander de les mettre au service du ballon? Jeudi soir devant Lucerne à Tourbillon, le technicien italien pourrait, devrait proposer une partition un brin plus audacieuse. Ou pas. Mais si tel devait être le cas, si le FC Sion se mettait en tête de jouer aussi au foot et pas seulement contre la relégation, on ne pourrait pas s’empêcher de penser que les Valaisans ont raté une bonne occasion de s’exercer, dimanche après-midi à Bâle.

Simon Meier

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