Motocyclisme: Quand tombent les favoris
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MotocyclismeQuand tombent les favoris

Promue catégorie-reine l’espace d’un week-end particulier, la classe Moto2 a vécu une journée de chutes. Dont celles – eh oui, au pluriel! – de Thomas Lüthi.

Silence, on tombe: Xavi Vierge, Enea Bastianini, Jorge Navarro et Lorenzo Baldassari lors de la première séance d’essais libres, en début d’après-midi. Thomas Lüthi (ci-dessus) - deux fois -, Augusto Fernandez (ci-dessous) et Remy Gardner (photo de tête) en soirée, sur un asphalte dont la température a diminué de façon impressionnante (25 degrés, contre 41 quelques heures plus tôt). Que des cadors, des noms cités par les pronostiqueurs, titre mondial 2020 en jeu. Que se passe-t-il? La pression? La tension? Le fait d’être soudainement propulsé au centre de l’intérêt, en l’absence de la classe MotoGP? «Rien de tout cela me concernant, je me sens bien. La course, c’est dimanche», répond immédiatement Thomas Lüthi. La sérénité qui émane de ses paroles tranche étrangement avec... la couleur poussiéreuse de son cuir: «Un nouvel équipementier, le test est très positif.» Il sourirait presque, parce qu’il sait qu’il y a des explications à cette double faute. Même si, contractuellement, il ne peut pas tout dire.

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LE PRIX À PAYER AU FOURNISSEUR UNIQUE

C’est désormais le cas dans la plupart des disciplines mécaniques, sur deux ou sur quatre roues: des contrats sont passés entre les promoteurs et les manufacturiers qui, contre des sommes qu’on devine rondelettes, fournissent en exclusivité l’ensemble du peloton. C’est le cas de Michelin en MotoGP, de Dunlop en Moto2 et en Moto3, de Pirelli en superbike, en supersport et en Formule 1. Chacun a donc les mêmes choix à disposition et l’équilibre général atteint notamment en MotoGP est en grande partie dû à cet équipement commun. Pour lesdits manufacturiers, la mission est double: fournir des produits de qualité – c’est le cas -, mais aussi garantir que cette qualité soit la même sur les centaines d’enveloppes qui sont utilisées chaque week-end. Or, il arrive parfois qu’un pneu, dans le lot, présente un défaut. C’est visiblement ce qui s’est passé avec Tom Lüthi, lors de sa première chute: «Je n’ose pas donner de précisions, mais il y a eu un problème anormal. J’aimerais juste être sûr que cela ne se reproduira plus», explique le Suisse. La deuxième chute? Une conséquence indirecte de la première: «Un souci dans le frein arrière, qui m’a déconcentré.» Certainement un petit caillou, resté coincé. Bref, une drôle de soirée: «Mais pas une journée pour rien. Les sensations lors de la première séance étaient très, très intéressantes...»

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JESKO RAFFIN: NE PAS TOMBER!

Une bonne et une mauvaise nouvelle pour le Zurichois Jesko Raffin. La bonne? La NTS 2020 est bien née; pour preuve, le septième chrono du Néerlandais Bo Bendsneyder, l’équipier de Jesko: «C’est vrai, il y a de sérieux progrès par rapport à la moto de l’an dernier; nous avons perdu près de 2 kilos, le travail aérodynamique réalisé nous permet d’être moins pénalisés sur les lignes droites et si le châssis reste plus «pointu» à régler qu’une Kalex, par exemple, des progrès ont aussi été réalisés dans ce domaine», explique le Zurichois. La mauvaise nouvelle? Le Suisse, connu pour sa fiabilité – très peu de chutes ces dernières années – est tombé trois fois ces trois dernières semaines. Et il doit, psychologiquement, tenter d’oublier: «En début de journée, les sensations étaient bonnes. Mais ce soir, avec la baisse de la température, j’étais plus tendu. Je dois rouler, accumuler les tours, pour reconstruire ma confiance.»

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JASON DUPASQUIER A REÇU SON BAPTÊME

C’est fait: Jason Dupasquier est désormais pilote de GP. Cette nouvelle aventure a même très bien commencé en début d’après-midi, avant que les choses ne se compliquent un peu lors de la seconde séance d’essais libres de ce vendredi: «Dès l’entrée en piste, j’ai connu des soucis avec le sélecteur de vitesses; j’étais dans un bon groupe, mais c’était très difficile à gérer. Je me suis arrêté à mon stand, nous avons travaillé sur la moto et quand j’ai repris la piste pour les dernières minutes, j’étais tout seul. Dans ces conditions, le miracle n’était pas possible.» 29e de cette première journée, Dupasquier poursuit son apprentissage.

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