Motocyclisme - Quartararo: retour en France
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MotocyclismeQuartararo: retour en France

Le Niçois n’a pas participé aux essais IRTA de ce lundi, à Jerez. Il est reparti en France, où il va subir une opération du syndrome des loges mardi.

par
Jean-Claude Schertenleib
(Jerez)

«Fabio ne participera pas aux tests de Jerez aujourd’hui. Suite aux soucis rencontrés dimanche en course, il va passer un contrôle médical»: c’est ainsi que le team officiel Yamaha a communiqué, dans la matinée. En soirée, il confirmait ce que tout le monde pensait: le Français va se faire opérer mardi pour régler ses problèmes musculaires.

Fabio Quartararo, qui dominait le GP d’Espagne MotoGP dimanche, a ensuite connu l’enfer: «Je crois que tout le monde a vu que j’ai souffert d’un gros problème avec mon bras droit. Jusque-là, j’étais parfaitement à l’aise lorsque, soudainement, je n’ai plus eu la moindre force. L’année passée, j’avais déjà rencontré un même problème à Portimão; or il y a deux semaines, sur ce même circuit portugais, tout s’est passé parfaitement. Dimanche, en course, j’ai serré les dents. Cela devenait dangereux de piloter, mon bras était comme un morceau de pierre, mais je me suis dit que les quelques points que je serais peut-être capable de marquer (il a terminé treizième, soit 3 unités comptabilisées) pouvaient être importants en fin de saison.»

Aleix Espargaró opéré également

Pilote officiel Aprilia, Alex Espargaró n’a couvert qu’une douzaine de tours, ce matin, lors des tests de Jerez, avant de prendre l’avion pour Barcelone. Il souffre lui aussi du syndrome des loges dans son bras droit et il s’est décidé pour une intervention immédiate, afin d’être en mesure de tenir sa place dans deux semaines, au Mans. Après les deux GP du Qatar, c’est Jack Miller, vainqueur dimanche, et Iker Lecuona qui avaient subi la même intervention.

Tests: 101 tours pour Viñales

C’est Maverick Viñales (Yamaha) qui a signé le meilleur temps de cette journée de tests, il a aussi été le plus assidu (101 tours). Derrière lui, on retrouve les deux Suzuki d’Alex Rins et du champion en titre Joan Mir; à propos de Rins: l’Espagnol va lui aussi faire un passage par l’hôpital, pour subir un contrôle de son épaule droite, touchée dans une chute survenue samedi en début d’après-midi.

Marc Márquez, qui avoue avoir moins souffert en course dimanche que deux semaines plus tôt au Portugal, est désormais conscient que le boulot ne va pas manquer: «Ce week-end, en suivant notamment aussi bien mon frère Alex que Pol Espargaró, j’ai compris que le principal problème de la Honda se situait en sortie de virages. Nous devons donc travailler dans ce domaine», explique l’octuple champion du monde, dont l’absence pendant la préparation hivernale aura coûté cher au premier constructeur mondial. Ce lundi, Marc Márquez n’a couvert que 7 tours.

Miller: l’aide décisive de Mme Crutchlow!

Jack Miller, une gueule. Une vraie? «Jack le dur? Mais ce n’est qu’un masque, je suis quelqu’un de très émotif. Quand j’ai passé la ligne, j’étais heureux; au deuxième virage, je pleurais, au suivant, je criais.» La suite, on l’a vu: des larmes sincères, un homme qui s’assied un instant devant sa Ducati Desmosedici. Moment fort, que beaucoup n’attendaient pas de Mister Jack, le pilote qui a le plus de copains dans le paddock: «Ces dernières semaines ont été très difficiles, j’étais frustré, je rageais contre moi, je n’avais plus la moindre confiance. Mais désormais, j’ai une nouvelle coach de vie, c’est Lucy Crutchlow, l’épouse de Cal. La semaine dernière, elle m’a dit que je valais beaucoup plus que ce que je croyais. Ce matin encore, avant la course, elle m’a envoyé un message: cela fait tellement de bien de sentir ce genre de choses. Cela rappelle que nous restons des êtres humains.»

Jack Miller après sa victoire.

Jack Miller après sa victoire.

AFP

Le Miller ému aux larmes a rapidement été remplacé par le Jack capable de toutes les fantaisies; après avoir dit tout le bien qu’il pensait de Mme Crutchlow, il a parlé de Monsieur, celui qui était son meilleur pote dans le paddock jusqu’à sa retraite sportive, en fin de saison dernière. «Cal? Lui ne sert à rien, tout ce qu’il me raconte, je le sais déjà»: le vainqueur de Jerez a éclaté de rire. Lui et Ducati n’ont pas dit leur dernier mot.

Lüthi: c’est dans la tête

Encore spectateur de la lutte pour les points (19e de la course), Thomas Lüthi ne sait plus que dire: «Malheureusement, je n’ai pas passé le cap que j’espérais pour la course.» Sait-il que faire? «Continuer de me battre. Je vais rester quelques jours en Espagne, pour m’entraîner avec Bo (Bendsneyder, son équipier, 15e dimanche). Je dois retrouver le plaisir, faire de l’ordre dans ma tête, avant de rentrer en Suisse pour préparer la course du Mans. Je suis désolé pour toute l’équipe, car je suis actuellement incapable de leur offrir de meilleurs résultats. Mais le travail continue, j’espère faire un pas dans la bonne direction lors du GP de France.»

Dupasquier en veut encore plus

Jason Dupasquier a signé son meilleur résultat personnel (7e) au niveau mondial, dimanche à Jerez de la Frontera: «Au départ, j’étais calme, motivé à fond. Le but était de me hisser d’entrée dans le groupe de tête, puis d’y rester. Mission parfaitement accomplie, mais quelle bagarre! Le job réalisé par toute l’équipe a été grandiose et maintenant, j’en veux encore plus pour Le Mans!»

Aegerter: déjà une bonne affaire

Deuxième de la première course de la Coupe F.I.M. MotoE 2021, Dominique Aegerter sait qu’il n’a pas fait une mauvaise opération, après la chute de l’homme qui avait dominé les essais, le Brésilien Eric Granado (il a repris la course, pour marquer les 3 points de la treizième place). Battu par l’Italien Alessandro Zaccone, Aegerter a tout donné: «Il y a eu quelques moments scabreux, notamment dans le dernier tour, lors de mon ultime attaque: malheureusement, j’ai accéléré un peu trop rapidement, alors que j’étais encore sur l’angle; mais heureusement, j’ai évité le highside. J’ai ensuite insisté, mais je n’étais plus assez proche de Zaccone pour essayer de le surprendre dans la dernière épingle», explique le Bernois. Prochaine course: dans quatorze jours, au Mans; une semaine plus tard, Aegerter entamera le second championnat à son programme 2021, le mondial supersport.

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