Construction: Quasi toute une entreprise fait grève à Genève

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ConstructionQuasi toute une entreprise fait grève à Genève

Une vingtaine d'employés d'une entreprise de construction ont cessé le travail. Ils dénoncent les pratiques douteuses de leur direction.

Le syndicat souhaite une rencontre vendredi avec l'administrateur.

Le syndicat souhaite une rencontre vendredi avec l'administrateur.

Illustration, AFP

«Une construction financière mafieuse», des emplois fictifs et des cotisations sociales détournées. La quasi totalité des employés d'une entreprise genevoise de la construction se sont mis jeudi en grève face aux pratiques de leur administrateur, avant de possibles procédures judiciaires.

Six à sept chantiers «sont bloqués», a précisé un responsable du Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs . «L'ensemble du personnel s'est mis en grève», sauf deux à trois personnes «proches de l'administrateur». Entre 20 et 28 personnes travaillent pour l'entreprise, dont seules dix ont un contrat en règle et les autres sont sans statut.

Garanties sur les salaires

Le syndicat mentionne de faux relevés d'heures et des prêts de personnel fictifs entre un restaurant et l'entreprise de construction du patron. L'entrepreneur surfacture à la société le personnel prêté par le restaurant et conserve la différence.

Le syndicat souhaite une rencontre vendredi avec l'administrateur pour obtenir des garanties sur les salaires. Cette entreprise totalise environ 800'000 francs de poursuites mais son chef vient de demander un prêt pour une voiture de luxe au nom de la société. Il déclare un chiffre d'affaires de 7 millions de francs et un bénéfice de 250'000 francs mais ses finances passeraient de l'une de ses entités à une autre.

Face au risque de faillite frauduleuse, une mise en demeure avait été lancée fin novembre mais le patron n'a pas répondu. Le syndicat interpelle les autorités politiques et pénales.

Il va demander aussi aux clients de ne pas payer des factures de plusieurs dizaines de milliers de francs au moins, probablement davantage, dues à l'entrepreneur. «Plus aucun fournisseur ne veut travailler avec lui», ajoute le responsable syndical. La grève doit se poursuivre.

(ats)

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