Etats-Unis - Quatre ans après les émeutes, Charlottesville va déboulonner ses statues confédérées
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États-UnisQuatre ans après les émeutes, Charlottesville va déboulonner ses statues confédérées

Ce samedi, Charlottesville va ôter les statues de généraux confédérés, pro-esclavage. En 2017, la cité de Virginie avait été le cadre de violences ayant choqué les États-Unis.

Entourée par un grillage de chantier, la statue du général sudiste Robert Lee va être déboulonnée ce samedi, à Charlottesville.

Entourée par un grillage de chantier, la statue du général sudiste Robert Lee va être déboulonnée ce samedi, à Charlottesville.

AFP

La ville américaine de Charlottesville va déboulonner, samedi, les statues de deux généraux confédérés, qui avaient été à l’origine d’affrontements meurtriers entre militants d’extrême droite et manifestants antiracistes, en 2017, a annoncé, vendredi, la municipalité de lÉtat de Virginie.

Les statues représentant le général Robert Lee, chef de l’armée sudiste pro-esclavage pendant la guerre de Sécession, et le général Thomas «Stonewall» Jackson, tous deux en uniforme et à cheval, sont placées dans deux petits parcs près du centre-ville.

Tuée par un néonazi

En février 2017, la municipalité avait autorisé l’enlèvement de ces statues, considérées comme des symboles du passé raciste et esclavagiste de l’Amérique. En août suivant, des centaines de membres de l’ultradroite avaient manifesté sous la bannière du mouvement Unite the right, pour protester contre ce projet.

Au terme de ce rassemblement, des heurts avaient éclaté entre suprémacistes blancs et contremanifestants. Un sympathisant néonazi avait alors foncé en voiture dans une foule de manifestants antiracistes, tuant une jeune femme de 32 ans, Heather Heyer, et blessant des dizaines de personnes.

Le président Donald Trump avait dénoncé des violences «des deux côtés», s’attirant une avalanche de critiques.

Dix propositions pour les reprendre

La municipalité avait alors recouvert les deux statues d’un plastique noir en hommage aux victimes des violences. Ces statues seront désormais «remisées dans un lieu sûr et propriété de la ville, en attendant que le Conseil municipal prenne une décision finale» sur leur sort, a-t-elle précisé.

La ville avait invité les musées, les sociétés d’histoire, le gouvernement ou les gérants de champs de bataille à se faire connaître s’ils souhaitaient récupérer ces statues. Elle a reçu dix propositions, dont quatre originaires de l’État de Virginie, a-t-elle ajouté.

Nombreux monuments retirés

Depuis la mort de George Floyd, un Noir américain tué en mai 2020 lors de son arrestation par un policier blanc, de nombreux monuments à la gloire de l’armée confédérée ont été retirés, soit par les autorités, soit par des manifestants protestant contre le racisme aux États-Unis.

Pendant la guerre de Sécession (1861-1865), le Sud confédéré avait pris son indépendance des États-Unis et se battait pour conserver l’esclavage, aboli dans le reste du pays. La Virginie, où se sont installés les premiers colons anglais, était alors le cœur de l’Amérique esclavagiste.

Les drapeaux et monuments confédérés sont maintenant souvent considérés comme des symboles racistes, même si leurs partisans expliquent y voir un simple héritage de l’histoire du pays. Charlottesville avait déjà enlevé, en septembre 2020, la statue d’un soldat confédéré tenant un fusil, érigée en 1909.

(AFP)

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