Hockey sur glace: Quatre clés pour une médaille

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Hockey sur glaceQuatre clés pour une médaille

La Suisse lance aujourd'hui (13h10) son tournoi avec un duel contre le Canada. Voici les obligations à remplir pour viser une place sur le podium.

par
Cyrill Pasche
PyeongChang
Dans un tournoi amputé des joueurs de NHL, l'équipe de Suisse se profile comme un outsider.

Dans un tournoi amputé des joueurs de NHL, l'équipe de Suisse se profile comme un outsider.

Reuters

Il faudra commencer fort et gagner vite – dès aujourd'hui à 13h10 contre une formation canadienne à la portée de l'équipe de Suisse – pour créer une dynamique positive et indispensable dans un format de compétition aussi compact. La sélection de Patrick Fischer affrontera la Corée du Sud samedi (8h40), puis la République tchèque le lendemain à la même heure, avant d'aborder la phase à élimination directe en début de semaine prochaine. Voici ce dont les Suisses auront besoin pour aller loin dans ce tournoi olympique.

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1. Un coaching gagnant

Un détail pourrait influencer le destin helvétique: les «commercial breaks», soit les pauses publicitaires de 70 secondes. Trois «commercial breaks» – au lieu de deux par le passé – viendront interrompre le jeu durant chaque période. Pour les coaches, il s'agit d'un challenge. Comment répartir au mieux le temps de glace et maintenir un rythme élevé à travers les changements de ligne alors que le jeu est interrompu une fois de plus par tiers-temps? Ces pauses publicitaires destinées aux télévisions permettent aussi aux meilleurs éléments de souffler et les coaches sont souvent tentés de les renvoyer directement sur la glace après ces pauses. Les perdants? Les hommes du troisième et surtout du quatrième bloc. Un exemple: Tristan Scherwey, qui joue beaucoup avec Berne, sera-t-il capable de mettre autant d'énergie et d'intensité dans son jeu s'il n'est mis à contribution que sporadiquement? Le coaching sera déterminant et la présence de l'expérimenté Tommy Albelin aux côtés de Patrick Fischer sur le banc suisse est un atout indéniable.

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2. Des joueurs capables d'enchaîner

Un tournoi olympique de hockey ressemble à un sprint. En Corée du Sud, les Suisses seront mis à contribution tous les deux jours, avec à deux reprises des rencontres «back to back» (17 et 18 février et éventuellement 20 et 21 février) s'ils ne font pas partie des quatre équipes directement qualifiées pour les quarts de finale. Et doivent passer par un match de «play-off» pour valider leur billet dans le top 8. C'est dans cette optique que le staff a choisi ses joueurs. Et aussi pour cette raison que des hommes comme Tanner Richard ou Joël Genazzi n'ont pas été retenus. Le Canado-Suisse de GE Servette aurait ainsi été jugé insuffisamment au point sur le plan physique; le défenseur offensif de Lausanne pas prêt, à ce stade de la saison, à enchaîner des matches de haut niveau. Il reste toutefois une inconnue concernant la forme physique de Simon Moser, blessé durant plus de trois mois. Le capitaine de Berne, rouage essentiel de la sélection, n'a disputé que deux matches depuis son retour à la compétition, il y a tout juste deux semaines.

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3. Un «MVP» devant le filet

Patrick Fischer a sélectionné les trois meilleurs gardiens du pays: Leonardo Genoni, pressenti comme numéro un, Jonas Hiller, le plus rodé à des Jeux olympiques (titulaire en 2010 et 2014) ainsi que Tobias Stephan. Le destin de l'équipe de Suisse dépendra des prestations de ces hommes-là, même si Genoni et Hiller devraient se partager le travail. Si l'équipe nationale veut faire partie des prétendants à une médaille, ses gardiens devront afficher des statistiques supérieures à 92% d'arrêts sur l'ensemble de la compétition et faire partie des meilleurs du tournoi à leur poste. Hiller n'avait pas été décisif il y a quatre ans à Sotchi, mais son expérience reste un atout. Genoni a été excellent lors des Mondiaux 2017, où il avait d'ailleurs battu le Canada après être entré en cours de jeu, mais il n'a aucune expérience olympique. Le staff d'entraîneurs devra «avoir la main chaude» au moment de choisir le titulaire avant chaque match en fonction de son vécu et de l'adversaire. Pour aller loin, la Suisse a besoin d'un MVP devant le filet.

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4. Des héros offensifs

Trois des quatre lignes d'attaque sont les mêmes – à un joueur près – qu'aux Mondiaux 2017. C'est sur ce vécu que la Suisse s'appuiera durant le tournoi. Reste que la formule gagnante est simple: les situations spéciales, à commencer par le power play, devront être efficaces. Ce qui n'a encore jamais été le cas depuis le début de l'ère Fischer, malgré le talent indéniable de ce groupe. Si la triplette articulée autour de Gaëtan Haas, avec Vincent Praplan et Denis Hollenstein sur les ailes, est celle dont on peut attendre le plus d'étincelles offensives, l'équipe de Suisse aura besoin que des héros se révèlent en cours de route. Comme l'attaquant des Zurich Lions, Fabrice Herzog, auteur d'un inoubliable doublé contre le Canada lors de la renversante victoire 3-2 après prolongation de mai dernier aux championnats du monde à Paris. Ou comme le Canado-Suisse Paul Di Pietro en 2006, qui avait terrassé son pays natal en marquant les deux buts lors de la victoire historique 2-0 contre les stars canadiennes de NHL aux JO de Turin.

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