Quatre facteurs qui favoriseraient le risque d’avoir un Covid long

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CoronavirusQuatre facteurs qui favoriseraient le risque d’avoir un Covid long

Une nouvelle étude montre certaines similitudes chez des personnes qui présentent toujours des symptômes longtemps après l’infection, comme un diabète ou Epstein-Barr.

par
Michel Pralong
Les patients souffrant de diabète de type 2 (testé sur la photo) étaient plus susceptibles de ressentir de la fatigue, de la toux et d’autres symptômes respiratoires du Covid long.

Les patients souffrant de diabète de type 2 (testé sur la photo) étaient plus susceptibles de ressentir de la fatigue, de la toux et d’autres symptômes respiratoires du Covid long.

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Pourquoi certaines personnes infectées développent-elles par la suite un Covid long et d’autres pas? La recherche avance pour tenter de répondre à cette question et, selon une nouvelle étude, quatre facteurs à risque auraient notamment été identifiés.

Menée sur 309 patients américains atteints de Covid-19, du diagnostic initial à la convalescence, soit 2 à 3 mois plus tard, cette étude parue le 24 janvier dans la revue «Cell» a permis de voir une corrélation entre le Covid long et une quantité élevée du matériel génétique du coronavirus dans le sang au début de l’infection. Autrement dit, les patients qui ont une charge virale forte en étant infectés présentent plus de risque d’avoir un Covid long.

Deuxième facteur à risque d’avoir un Covid long, être déjà activement infecté par le virus d’Epstein-Barr lors de la contamination au coronavirus. Appelé également virus de l’herpès 4, il est la cause de plusieurs maladies dont la mononucléose infectieuse, la sclérose en plaques et lymphome de Burkitt, ce dernier étant le cancer le plus agressif connu à ce jour. 90 à 95% des adultes ont ce virus dormant dans le corps mais, en cas d’une autre infection ou d’un stress, ce virus peut se réactiver.

Correspondance avec une étude suisse

Troisième facteur, des anticorps ou molécules immunitaires qui, au lieu de s’attaquer au virus, endommagent des protéines de notre corps. Cela est certainement à mettre en rapport avec une découverte du CHUV et de l’EPFL qui avait montré un tel processus dans le développement de formes graves du Covid. D’ailleurs, dans cette nouvelle étude, les chercheurs ont identifié six anticorps favorisant le Covid long, dont l’interféron mentionné dans la recherche suisse. Les cinq autres anticorps ont été liés à divers troubles auto-immuns, dont le lupus et la polyarthrite rhumatoïde, mais on ne sait pas s’ils endommagent directement les cellules ou s’ils sont simplement un marqueur de la maladie.

Enfin, dernier facteur, un diagnostic préexistant de diabète de type 2, la forme la plus courante, où les cellules du corps sont résistantes à l’insuline. Ceux qui avaient ce diabète étaient plus susceptibles de ressentir de la fatigue, de la toux et d’autres symptômes respiratoires du Covid long.

Un espoir pour prévenir les symptômes

Tous ces facteurs peuvent être repérés dès que le patient est diagnostiqué positif au coronavirus. Cela permettrait donc d’anticiper un Covid long et donc peut-être de trouver des traitements rapides afin de le prévenir. Mais, selon le premier auteur de l’étude, Yapeng Su, qui était chercheur à l’Institut de biologie des systèmes de Seattle au moment de sa parution, ce n’est qu’une première étape. Il est nécessaire maintenant d’approfondir la question pour comprendre si ces facteurs entraînent réellement le développement d’un Covid long et comment. Il faut aussi déterminer si ces signaux qui peuvent être repérés tôt peuvent aider à prédire quels symptômes spécifiques pourraient persister chez les patients quatre, huit ou douze mois plus tard, a-t-il expliqué à LiveScience.

Sur les patients suivis lors de cette étude, 37% des patients ont signalé trois symptômes ou plus de Covid long, 24% un ou deux symptômes et 39% aucun symptôme. Dans le groupe avec le plus de symptômes, 95% présentaient au moins l’un de ces quatre facteurs de risque. Et les quatre facteurs étaient liés à un Covid long, que l’infection initiale d’un patient soit grave ou légère.

D’autres pistes

Outre ces quatre facteurs de risques, l’étude a également observé que les personnes présentant des symptômes respiratoires du Covid long ont des niveaux anormalement bas de cortisol, l’hormone du stress, dans leur sang. Et celles qui présentent des symptômes neurologiques présentent dans le sang des taux anormalement élevés de protéines censés refléter une perturbation du cycle circadien entre la veille et le sommeil.

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