Syrie: Quatre hôpitaux d'Alep bombardés

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Des bombardements aériens, menés par la Syrie et la Russie, ont touchés les établissements dans les quartiers est de la ville, assiégés depuis le 17 juillet par le régime.

Les quartiers de l'est de la deuxième ville de Syrie sont totalement assiégés par les forces du régime de Bachar al-Assad.

Les quartiers de l'est de la deuxième ville de Syrie sont totalement assiégés par les forces du régime de Bachar al-Assad.

Keystone

Des bombardements aériens ont touché quatre hôpitaux de campagne et une banque de sang à Alep, dans le nord de la Syrie. Ces frappes viennent aggraver encore la situation humanitaire pour les habitants des quartiers rebelles de la ville, assiégés depuis le 17 juillet par les forces du régime.

Dans la nuit de samedi à dimanche, un nouveau-né a été tué dans l'un de ces hôpitaux, a indiqué l'Association des médecins indépendants (IDA), qui soutient des centres médicaux dans la ville. La frappe est tombée sur l'hôpital à 01h00 (00h00 en Suisse). C'était la deuxième visant l'établissement en neuf heures, selon l'IDA.

«L'hôpital est sérieusement endommagé et ce n'est pas la première fois» qu'il est touché, a témoigné Malika, l'infirmière en chef de l'hôpital des enfants. Les trois autres centres de santé frappés, tous situés dans le quartier al-Chaar, étaient également hors de service dimanche, a confirmé le «service de la santé» d'Alep tenu par les rebelles.

Les médecins «ne peuvent plus faire sortir les blessés ou entrer des médicaments dans cette ville dévastée», a-t-il alerté. Marianne Gasser, cheffe de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Syrie, s'est dite «submergée par le désespoir» après ces bombardements.

Frappes syriennes et russes

Selon l'IDA, cinq hôpitaux sont encore opérationnels dans les quartiers est d'Alep. Cette partie de la deuxième ville de Syrie est fréquemment prise pour cible par l'aviation du régime de Bachar el-Assad et son allié russe.

Ces derniers mois, de nombreux hôpitaux ont été endommagés et des membres du personnel médical tués par des bombardements dans les quartiers est d'Alep. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la Syrie a été le pays le plus dangereux pour les travailleurs sanitaires en 2015.

Ces bombardements risquent d'aggraver davantage la situation humanitaire à Alep. Les risques de famine et de pénurie générale s'accroissent pour les 200'000 habitants des quartiers contrôlés par les rebelles et assiégés par l'armée régulière.

Fin de l'ultimatum à Minbej

Sur un autre front, au nord-est d'Alep, la ville de Minbej est encerclée par les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance militaire arabo-kurde soutenue par Washington. Assiégés dans la ville, les combattants du groupe Etat islamique (EI) ont ignoré samedi la fin de l'ultimatum de 48 heures pour évacuer la ville.

L'EI «n'aura plus d'occasions comme celle-là» de fuir cette cité, a indiqué un commandant du Conseil militaire de Minbej, composante des FDS. Il a assuré que ses forces allaient «intensifier» leurs attaques contre l'EI afin d'établir «des passages sécurisés» pour que des civils sortent de la ville.

Minbej est un point de passage important sur l'axe qui permet au groupe djihadiste d'acheminer de l'approvisionnement depuis la Turquie vers les régions qu'il contrôle en Syrie.

Guerre complexe

Déclenché en mars 2011, le conflit syrien s'est mué en une guerre complexe impliquant une multitude d'acteurs locaux, régionaux et internationaux. Il a fait plus de 280'000 morts et forcé des millions de personnes à fuir.

Toutes les tentatives de faire respecter durablement les trêves entre rebelles et régime ont échoué ces derniers mois, de même que les efforts d'un règlement politique du conflit. Dimanche, le ministère des Affaires étrangères à Damas s'est dit «prêt à poursuivre le dialogue inter-syrien sans aucune condition préalable, dans l'espoir qu'il conduira à une solution globale».

(ats)

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