Football: Quatre joueurs qui cartonnent mais dont on ne parle presque pas
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FootballQuatre joueurs qui cartonnent mais dont on ne parle presque pas

Ils font parler d’eux en Allemagne, en Angleterre et au Portugal, mais moins à l’international. Voici quatre joueurs qui réalisent une grande saison en toute discrétion.

par
Elias Baillif
Ivan Toney fait partie de ces joueurs qui brillent cette saison malgré un certain anonymat à l’international.
Ivan Toney fait partie de ces joueurs qui brillent cette saison malgré un certain anonymat à l’international.AFP

Dans le football, un nombre réduit de joueurs prennent toute la lumière. Il est alors temps de présenter quatre footballeurs dont la réussite passe trop inaperçue.

Pablo Sarabia

Pablo Sarabia était un joueur habitué à occuper les premiers rôles… et puis il est allé au Paris Saint-Germain. Du côté du Parc des Princes, son temps de jeu a diminué autant que ses statistiques. Après deux saisons passées dans l’Hexagone à se retrouver barré par les stars du PSG, l’Espagnol devait se relancer.

Et au lieu de s’exiler dans un club quelconque, Sarabia a fait le choix original de rejoindre le Sporting Portugal l’été passé, dans le cadre d’un prêt. Un club qui compte en Lusitanie, un entraîneur en vogue en la personne de Ruben Amorim, une Ligue des champions à jouer, pas de doute, Pablo Sarabia est allé à Lisbonne pour le projet sportif. Le Madrilène le reconnaît, il avait besoin de se sentir footballeur à nouveau.

Neuf mois après son arrivée, on peut dire que son pari s’est révélé gagnant! L’ancien ailier de Séville rayonne sur les bords du Tage. En championnat, il a inscrit la bagatelle de 14 buts et 7 passes décisives, faisant de lui le meilleur buteur des «Leões» sur la scène domestique. Mais l’apport de Sarabia ne concerne pas que les feuilles de stats. Sur le terrain, sa capacité à occuper tous les postes de l’attaque a été saluée par son entraîneur.

Reste alors une question, Sarabia peut-il s’inscrire dans la durée chez les Sportinguistas? Malheureusement pour eux, non. L’Espagnol dispose encore de deux ans de contrat avec le PSG et, selon les dernières rumeurs, Leonardo penserait même à le faire réintégrer l’effectif parisien en vue de la saison prochaine.

Ivan Toney

Avant cette saison, Ivan Toney n’avait joué que deux matches en Premier League. Pour être même tout à fait complet, il n’avait joué que dix minutes dans l’élite du football anglais. C’était lors de la saison 2015/2016, sous les couleurs de Newcastle. «Tout ce dont je me rappelle de ce match, c’est de perdre le ballon et de voir United presque marquer. Après ça, je n’ai plus touché de ballons», plaisante aujourd’hui l’attaquant au sujet de l’une de ses apparitions sommaires.

Depuis, les temps ont bien changé: pour sa première saison en PL, l’attaquant anglo-jamaïcain compte 12 réalisations au compteur. C’est plus que Jamie Vardy, Michail Antonio ou encore Gabriel Jesus, des strikers confirmés outre-Manche. Alors certes, des buteurs peu connus, on en découvre chaque année en Premier League. Pourquoi donc retenir le cas d’Ivan Toney plutôt qu’un autre? Tout simplement parce que l’attaquant de Brentford représente bien ces success story propres au football anglais.

C’est simple, Toney a joué dans les quatre divisions professionnelles de son pays. À 17 ans, il écumait les pelouses de League Two avec le maillot de Northampton, dans les Midlands. Pour lui, le déclic est venu quand il jouait à Peterborough, en troisième division. «Ma femme Katie était enceinte. J’étais pas trop mal financièrement mais je me suis dit à moi-même: ‘Je veux que mon fils ait la meilleure vie possible et je dois pourvoir pour ma femme et pour mes parents’. Ça a été du style: ‘Ok, maintenant c’est le moment de se bouger’», se remémore-t-il dans les pages de The Guardian.

Petit à petit, le buteur a gravi les échelons et à présent, il foule les plus belles pelouses du Royaume. Et puis parler de Toney, ce n’est pas seulement parler d’un buteur dont la technique sur penalty rend fou les gardiens de tout le pays (pour Thomas Frank, le coach de Norwich, Toney est tout bonnement le meilleur du monde dans cet exercice), c’est aussi parler du flair de Brentford sur le marché des transferts. Cela fait plusieurs années que les «Bees» misent sur l’utilisation des statistiques avancées pour leur recrutement. Si en 2021 Brentford est parvenu à rejoindre la Premier League pour la première fois de son histoire, c’est en bonne partie grâce à ses algorithmes si jalousement gardés.

Taiwo Awoniyi

À nouveau qualifiée pour les compétitions européennes et soutenu par un public en pleine croissance, l’Union Berlin d’Urs Fischer continue de vivre un rêve éveillé. Un rêve auquel le Nigérian Taiwo Awoniyi n’est certainement pas étranger. Pour le joueur de 24 ans, sa troisième saison en Bundesliga (la deuxième avec l’Union) est celle de la révélation. Avec 13 buts à son actif, il fait partie des sept meilleurs buteurs de Bundesliga (tout en ayant été absent tout le mois de janvier pour cause de CAN).

Depuis son arrivée en Europe en provenance du Nigéria, Awoniyi n’a pas eu la vie facile. Débauché par les scouts de Liverpool en 2015, il quittera la Mersey en ayant disputé très exactement zéro minute sous les ordres de Jürgen Klopp. Problème de papiers. Le football l’emmènera au FSV Frankfurt, en D2 allemande, avant de goûter à l’Eredivisie dans le club de Nimègue. Suivront un passage à Mouscron, un autre à la Gantoise, puis une saison à Mayence lors de la saison 2019/2020.

À Berlin, Awoniyi a trouvé de la stabilité et un coach qui l’apprécie. «Qu’un entraîneur te prenne à part, s’asseye avec toi, te dise ce qu’il veut, ce qu’il attend de toi et plaisante avec toi, travaille avec toi, c’est ce qu’un parent fait avec son enfant. Tout ce qu’il a fait est ce que mon père a aussi fait avec moi», se réjouissait le joueur plus tôt dans la saison, en parlant d’Urs Fischer.

Pour l’entraîneur lucernois, conserver son attaquant sera un défi. Plusieurs clubs de Premier League seraient intéressés par le joueur… qui d’après ses propres dires, rêve de retourner en Angleterre.

Aaron Ramsdale

Quand Arsenal a recruté Aaron Ramsdale l’été passé, il y avait de quoi être dubitatif. Certes, Bernd Leno avait quelques problèmes de fiabilité. Mais pourquoi être allé chercher le gardien de Sheffield United, monstre de réflexes mais dont la technique laissait à désirer? En début de saison passée, c’était même un gardien qui coûtait plus de buts qu’il n’en évitait, d’après les statistiques avancées…

Aujourd’hui, les critiques à l’égard de ce transfert se sont envolées. Le natif de Chesterton a changé la destinée de plusieurs matches de Premier League à lui seul depuis qu’il porte les couleurs des «Gunners». Contre Leicester par exemple, le portier d’Arsenal a sorti ce que Peter Scheichel a appelé «le meilleur arrêt que j’aie vu depuis des années». Pour sa part, Brendan Rodgers, entraîneur de Leicester, a déclaré plus tôt dans la saison que «Ramsdale était le meilleur gardien anglais du moment».

En plus de briller dans ses cages, Ramsdale est devenu l’un des chouchous de l’Emirates Stadium en raison des célébrations exubérantes consécutives à ses arrêts, de ses déclarations bien senties au micro et de ses gestes de défiance envers les fans adverses. Reste à voir si les parades du dernier rempart d’Arsenal ont convaincu Gareth Southgate de lui offrir le poste de gardien en chef des «Three Lions». Pour l’instant, Jordan Pickford semble avoir encore quelques mètres d’avance.

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