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IsraëlQuatre morts dans une fusillade à Tel Aviv

Les coups de feu ont été tirés à proximité du Ministère de la défense et du quartier-général de l'armée.

Des membres des forces de l'ordre inspectent le lieu de la fusillade.

Des membres des forces de l'ordre inspectent le lieu de la fusillade.

AFP

Deux Palestiniens ont semé la terreur mercredi 8 juin au soir à Tel-Aviv en ouvrant le feu sans discrimination sur des clients attablés dans un quartier animé de restaurants et de bars, tuant quatre d'entre eux et en blessant cinq autres. Cette attaque est l'une des plus meurtrières de la part de Palestiniens contre des Israéliens depuis le début d'une vague de violences en octobre. Ses deux auteurs ont été arrêtés.

Les deux Palestiniens ont ouvert le feu vers 21H30 (18H30 GMT) dans le quartier de Sarona, un ensemble d'établissements situés à deux pas du ministère de la Défense et très fréquentés à cette heure, ont rapporté la police et des témoins.

Avraham Liber, jeune homme venu de Jérusalem, partageait une glace en terrasse avec des amis. «J'étais assis de telle sorte que j'ai pu voir le tireur», a-t-il relaté, «il avait l'air d'être assis sur une chaise, et puis il s'est levé, et il s'est mis à tirer comme ça sur les gens autour de lui, à bout portant». «C'est un truc de dingue», a-t-il ajouté.

«Il y a un terroriste. S'il vous plaît, ouvrez-nous»

Meital Gonen, une jeune femme, a vu des gens se ruer vers la porte de son magasin de vêtements en suppliant: «Il y a un terroriste. S'il vous plaît, ouvrez-nous». «Ils criaient, ils hurlaient, (il y avait) beaucoup de sang, des gens qui mouraient. C'était terrifiant. Nous avons ouvert les portes pour que les gens se mettent à l'abri».

Yechiel Miller, un bénévole des services de secours United Hatzalah, a raconté avoir trouvé à son arrivée «une dame inconsciente, ne respirant plus, dans un état critique». Outre les blessés, beaucoup de personnes ont été prises en charge en état de choc, a raconté un autre infirmier, Davidi Dahan.

Les conditions dans lesquelles les assaillants ont été neutralisés ne sont pas claires. L'un a été arrêté apparemment indemne selon les indications de la police, l'autre a été atteint par des tirs et évacué, dans un état grave, vers l'hôpital.

Deux cousins d'Hébron

La police les a ensuite identifiés comme deux Palestiniens, des cousins du secteur d'Hébron, en Cisjordanie occupée.

L'attaque perpétrée a une nouvelle fois provoqué des scènes de panique. Elle a également suscité un flot de rumeurs comme celle, démentie ensuite, selon laquelle un tireur avait réussi à prendre la fuite.

«Nous n'avons pas connaissance du fait qu'un autre terroriste serait dans la nature, donc pour nous, les gens peuvent reprendre le cours normal de leur vie», a déclaré le chef de la police, Chico Edri, après que le secteur eut été provisoirement bouclé.

Netanyahu sur les lieux

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, rentré dans la journée d'une visite à Moscou, s'est rendu sur les lieux de l'attentat après s'être entretenu avec d'autres hauts responsables dont le nouveau ministre de la Défense Avigdor Lieberman, a indiqué dans la nuit le bureau de Benjamin Netanyahu dans un communiqué.

"Nous avons discuté d'une série de mesures offensives et défensives que nous allons prendre pour agir contre ce phénomène" des attentats, a déclaré selon le communiqué le Premier ministre, évoquant "un meurtre terroriste commis de sang froid".

"Il y aura des actions intensives de la police, de l'armée et d'autres services de sécurité, pas seulement pour capturer chaque complice de ce meurtre mais aussi pour prévenir de tels événements", a dit Benjamin Netanyahu.

Hébron, la poudrière

Israël, Jérusalem et les Territoires palestiniens sont en proie à des violences qui avaient coûté la vie, avant mercredi, à 207 Palestiniens, 28 Israéliens, deux Américains, un Erythréen et un Soudanais depuis le 1er octobre, selon un décompte de l'AFP. On ignore la nationalité des personnes tuées mercredi.

La plupart des Palestiniens tués sont les auteurs ou auteurs présumés d'attaques, commises pour un grand nombre au couteau. Nombre des assaillants proviennent de la région de Hébron, poudrière du sud de la Cisjordanie.

Le rythme des attaques s'était considérablement ralenti ces derniers mois. Mais les causes des tensions n'ont pas disparu. Les perspectives de règlement du conflit israélo-palestinien semblent totalement bouchées.

L'ONU condamne l'attaque

La violence résulte chez les Palestiniens des vexations de l'occupation, de l'absence de toute perspective proche d'indépendance, des frustrations économiques et du discrédit des autorités palestiniennes, estiment des experts.

Le gouvernement israélien, lui, dénonce les incitations généralisées à la violence côté palestinien et le refus même de l'existence de l'Etat d'Israël.

L'envoyé spécial de l'ONU au Proche-Orient Nickolay Mladenov a condamné l'attaque. «Tout le monde doit rejeter la violence et dire non au terrorisme», a-t-il dit dans une apparente allusion aux dirigeants palestiniens.

«Les Etats-Unis condamnent dans les termes les plus forts l'attaque terroriste effroyable à Tel-Aviv (...) Ces attaques lâches contre des citoyens innocents ne peuvent jamais être justifiées», a détaillé le porte-parole du département d'Etat, Mark Toner, dans un communiqué. «Nous sommes en contact avec les autorités israéliennes pour leur exprimer notre soutien et notre préoccupation», a-t-il poursuivi.

(AFP)

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