28.08.2015 à 14:50

Drame en AutricheQuatre passeurs ont été arrêtés en Hongrie

La police hongroise a arrêté vendredi quatre personnes suspectées d'être des passeurs. Au total, 71 dépouilles ont été découvertes dans un camion en Autriche.

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Le camp d'Idomeni a été évacué. Plusieurs milliers de personnes ont été déplacées vers des centres d'accueils, notamment à Thessalonique. (26 mai 2016)

Le camp d'Idomeni a été évacué. Plusieurs milliers de personnes ont été déplacées vers des centres d'accueils, notamment à Thessalonique. (26 mai 2016)

Marko Djurica, Reuters
A Idomeni, des heurts ont éclaté entre migrants et policiers macédoniens. Ces derniers ont utilisé des gaz lacrymogènes. (Dimanche 10 avril)

A Idomeni, des heurts ont éclaté entre migrants et policiers macédoniens. Ces derniers ont utilisé des gaz lacrymogènes. (Dimanche 10 avril)

Stoyan Nenov, Reuters
Peu après 5 heures, un petit ferry, Lesvos, et un catamaran plus imposant, Nezli Jale, ont embarqué un total de 131 personnes (Lundi 4 avril 2016).

Peu après 5 heures, un petit ferry, Lesvos, et un catamaran plus imposant, Nezli Jale, ont embarqué un total de 131 personnes (Lundi 4 avril 2016).

Keystone

Quatre personnes ont été arrêtées en Hongrie dans le cadre de l'enquête sur les migrants retrouvés morts jeudi 27 août dans un camion frigorifique sur une autoroute autrichienne. Parmi les victimes figurent 59 hommes, huit femmes et quatre enfants, dont des Syriens.

Le ministère public autrichien avait annoncé qu'un mandat d'arrêt européen avait été délivré à l'encontre de quatre personnes dans le cadre de cette affaire. La police hongroise a annoncé l'arrestation sur son sol de trois ressortissants bulgares et d'un Afghan.

«La police a également perquisitionné dans des maisons (...) et interrogé une vingtaine de personnes en tant que témoins», a-t-elle indiqué dans un communiqué. L'une des personnes interpellées est le propriétaire bulgare du poids lourd.

Une porte-parole de la police de Budapest a précisé qu'aucun ressortissant hongrois ne figure parmi les suspects. La police autrichienne avait dit auparavant penser que les réfugiés avaient été victimes d'un réseau de trafiquants bulgares et hongrois.

L'arrestation des quatre suspects devrait permettre d'établir l'identité des personnes impliquées dans la mort de ces migrants, a déclaré vendredi la police du Burgenland. «Des documents de voyage syriens» ont été retrouvés dans le camion au milieu des corps en décomposition, a précisé Hans Peter Doskozil, chef de la police la province autrichienne du Burgenland.

Probablement asphyxiés

Les services de la médecine légale autrichienne sont parvenus vendredi à établir le bilan exact de la tragédie. Ils ont précisé que les 71 victimes - dont un groupe de ressortissants syriens - étaient 59 hommes, huit femmes et quatre enfants.

La police n'a pas voulu donner de précision sur les circonstances du décès des migrants. Selon d'autres sources, ceux-ci seraient morts asphyxiés. Le comptage a été rendu très difficile en raison de l'état de décomposition avancée des corps.

Le véhicule de 7,5 tonnes était immatriculé en Hongrie et portait le logo d'une entreprise de volaille slovaque. Il a été retrouvé sur la bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute, à 50 kilomètres au sud-est de Vienne. Son chauffeur a disparu dans la nature.

Les polices autrichienne et hongroise ont lancé une enquête conjointe. Le camion est actuellement examiné dans un ancien poste-frontière vétérinaire. Ce lieu permet également de réfrigérer les dépouilles.

Nouvelles mesures en Hongrie

Le ministère autrichien de l'Intérieur a indiqué qu'il n'envisage pas d'imposer des contrôles frontaliers plus stricts après la découverte de ce camion en provenance de Hongrie, pays de l'espace Schengen.

Mais Gergely Gulyas, député de Fidesz, le parti au pouvoir en Hongrie, a annoncé que Budapest va renforcer la semaine prochaine sa législation pour tenter d'enrayer l'afflux d'immigrés illégaux. Le gouvernement hongrois veut établir des «zones de transit» près de la frontière serbe, le temps d'examiner les demandes d'asile.

M. Gulyas a précisé lors d'une conférence de presse que les nouvelles mesures affecteraient treize textes de loi, ce qui exigera parfois le soutien des deux tiers des députés au Parlement. Si ces mesures sont acceptées, elles entreront en vigueur à la mi-septembre. Si nécessaire, et en dernier recours, il sera fait appel à l'armée, a-t-il ajouté.

Politique «irresponsable»

La nouvelle législation prévoira des peines plus lourdes pour les immigrés illégaux et pour toute personne qui endommagerait la clôture que les autorités hongroises achèvent de construire à la frontière serbe. Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), la construction de cette clôture ne fait que compliquer la situation.

«L'Europe est incapable de prendre les mesures appropriées face au flot des migrants», a dit M. Gulyas. Le député a jugé «irresponsable» la politique de l'Union européenne qui encourage selon lui l'arrivée des clandestins. Au cours du mois d'août, 38'912 personnes ont demandé l'asile en Hongrie, contre 16'578 en juin, précisent les autorités hongroises.

Des «criminels sans pitié», selon le HCR

Le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a condamné vigoureusement l'activité des trafiquants, à la suite des nouveaux drames en Autriche et en Méditerranée.

Coopération - Il a demandé aux autorités européennes de renforcer leur coopération pour combattre ces criminels.

Sans pitié - «Ces nouveaux drames montrent encore une fois la nature sans pitié des passeurs qui n'ont aucun respect pour la vie humaine et recherchent seulement le profit», a déclaré la porte-parole du HCR à Genève Melissa Fleming.

(AFP)

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