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Elections vaudoisesQuatre UDC visent le Conseil d'Etat

Le parti agrarien désignera le 1er décembre son candidat au Conseil d'Etat vaudois.

Jacques Nicolet.

Jacques Nicolet.

Keystone

Quatre hommes sont sortis du bois. Le conseiller national et président de parti Jacques Nicolet tient la corde. Avec en embuscade, le préfet Pascal Dessauges qui n'a pas été mêlé aux crises qui ont secoué la section. Pierre-Yves Rapaz et Julien Cuérel complètent la liste.

Depuis le décès de Jean-Claude Mermoud en 2011, l'UDC n'a plus de représentant au Conseil d'Etat. Le parti pèse pourtant plus de 20% de l'électorat vaudois.

Son objectif est de placer un des siens lors de l'élection au gouvernement, le 30 avril prochain. L'enjeu principal, pour la droite, est de regagner la majorité perdue en 2012. La gauche partira unie avec quatre candidats. Une grande alliance entre PLR, UDC et Vert'libéraux est toujours en discussion et ne fait de loin pas l'unanimité.

Dans ce contexte, quatre UDC ont fait connaître leur intérêt pour le Conseil d'Etat: Jacques Nicolet, Pascal Dessauges, Pierre-Yves Rapaz et Julien Cuérel. Philippe Jobin, chef de groupe au Grand Conseil, y a finalement renoncé, pour cette échéance en tout cas. «J'ai le sentiment que j'ai la carrure, mais ce n'est pas le moment».

Député de longue date, ancien chef de groupe et municipal à Bex, Pierre-Yves Rapaz peut se targuer d'une solide expérience politique. Mais cet agriculteur-viticulteur a échoué à conserver le siège de Jean-Claude Mermoud face à la Verte Béatrice Métraux fin 2011. Syndic de Baulmes, député depuis fin 2015 seulement, Julien Cuérel est peu connu sur la scène politique cantonale.

Gérer les crises

Elu conseiller national en 2015, ancien député et président du Grand Conseil, l'agriculteur Jacques Nicolet se présente comme un rassembleur. Il a accepté de succéder à Fabienne Despot à la tête du parti après l'affaire de l'enregistrement. Il a dû gérer la crise autour de Claude-Alain Voiblet, finalement exclu du parti vaudois pour avoir collé ses affiches sur celles d'autres candidats UDC.

Cet épisode ne lui a peut-être pas apporté que des amis. Autre bémol: s'il est élu au Conseil d'Etat, le même Claude-Alain Voiblet entrerait au Conseil national comme vient-ensuite. Ce que nombre d'UDC vaudois peineraient à accepter.

Au centre

Préfet depuis 2011, d'abord de Morges puis du Gros-de-Vaud, Pascal Dessauges a l'avantage de ne pas avoir été impliqué dans ces embrouilles, qui ont terni l'image du parti et laissé des traces. Ancien agriculteur et président de l'UDC Vaud de 2004 à 2006, il se sent «très à l'aise au sein de l'UDC actuelle, au centre des différents courants», a-t-il expliqué mercredi à l'ats.

S'il se distancie de son parti, c'est sur un chapitre de «La Voie du bon sens», le document de référence présenté en mai. «Le lien tiré entre féminisme et avortement me déplaît. Depuis très longtemps, je suis sensible à la promotion des femmes», explique-t-il.

Le Conseil d'Etat? Il en avait déjà discuté, en son temps, avec Jean-Claude Mermoud, «un ami, qui venait de la même région». En 2011, il avait été sollicité pour être candidat et s'était mis sur les rangs, mais l'UDC lui avait préféré Pierre-Yves Rapaz.

Reste que, à l'UDC, certains craignent que sa fonction de préfet, et le devoir de réserve qui y est lié, n'empêchent le parti de lancer rapidement et pleinement sa campagne. Et osera-t-il attaquer sa cheffe, Béatrice Métraux, qui sera sa cible numéro un, l'UDC considérant que l'élue écologiste est le «maillon faible»?

Devoir de loyauté

«Le Conseil d'Etat m'a autorisé à être candidat. Il m'a rappelé mon devoir de loyauté, ce qui ne pose aucun problème», a répliqué Pascal Dessauges. S'il est désigné par son parti, il devra s'abstenir de toute représentation publique jusqu'à l'élection. «En gros, cela signifie que je travaillerai normalement, mais que je ne pourrai pas tenir de discours en tant que préfet». Et dès le 13 mars, il sera en congé sans salaire jusqu'à l'élection.

Le congrès tranchera le 1er décembre. Vraisemblablement entre ces quatre candidats qui se sont publiquement annoncés dans le délai imparti, fixé à mardi. Mais un envoi en courrier B pourrait encore arriver d'ici la fin de la semaine, a averti Kevin Grangier.

Une commission électorale, composée de trois personnes, s'assurera que les candidats ne présentent pas de casserole, comme des poursuites ou des arriérés d'impôts. Mais elle ne formulera pas de recommandation. Le congrès sera libre de choisir, à bulletin secret.

(ats)

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