Vatican: «Que chaque paroisse accueille une famille de réfugiés»

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Vatican«Que chaque paroisse accueille une famille de réfugiés»

Le pape François a lancé un appel à destination des paroisses européennes, leur demandant de recevoir des migrants dans leur enceinte.

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Le camp d'Idomeni a été évacué. Plusieurs milliers de personnes ont été déplacées vers des centres d'accueils, notamment à Thessalonique. (26 mai 2016)

Le camp d'Idomeni a été évacué. Plusieurs milliers de personnes ont été déplacées vers des centres d'accueils, notamment à Thessalonique. (26 mai 2016)

Marko Djurica, Reuters
A Idomeni, des heurts ont éclaté entre migrants et policiers macédoniens. Ces derniers ont utilisé des gaz lacrymogènes. (Dimanche 10 avril)

A Idomeni, des heurts ont éclaté entre migrants et policiers macédoniens. Ces derniers ont utilisé des gaz lacrymogènes. (Dimanche 10 avril)

Stoyan Nenov, Reuters
Peu après 5 heures, un petit ferry, Lesvos, et un catamaran plus imposant, Nezli Jale, ont embarqué un total de 131 personnes (Lundi 4 avril 2016).

Peu après 5 heures, un petit ferry, Lesvos, et un catamaran plus imposant, Nezli Jale, ont embarqué un total de 131 personnes (Lundi 4 avril 2016).

Keystone

Le pape François a appelé dimanche toutes les communautés catholiques d'Europe à accueillir chacune une famille de réfugiés, précisant qu'il commencerait par les deux paroisses du Vatican. Dans «un geste concret» en préparation du jubilé de la miséricorde qui débute en décembre, «que chaque paroisse, chaque communauté religieuse, chaque monastère, chaque sanctuaire d'Europe accueille une famille», a-t-il déclaré d'un ton grave à l'occasion de la prière de l'Angélus.

«Face à la tragédie des dizaines de milliers de demandeurs d'asile qui fuient la mort, victimes de la guerre et de la faim et qui sont en chemin vers une espérance de vie, l'Evangile nous appelle et nous demande d'être +les prochains+ des plus petits et des plus abandonnés, à leur donner une espérance concrète», a-t-il expliqué.

Il ne s'agit pas seulement de dire «courage, patience», a précisé le pape devant des milliers de fidèles enthousiastes rassemblés sur la place Saint-Pierre à Rome. «L'espérance chrétienne est combattive», selon lui.

Parrainage

Le pape a demandé aux évêques de soutenir son appel et a promis de commencer par son diocèse de Rome et par le Vatican, dont les deux paroisses accueilleront «dans les prochains jours» chacune une famille de réfugiés.

Saluant cet appel, le fondateur de la communauté Sant'Egidio, Andrea Riccardi, a demandé l'introduction dans chaque législation européenne d'un système de parrainage pour les réfugiés pas encore partis.

«Il s'agit de permettre à des citoyens européens, à des associations, à des paroisses ou à des organisations de la société civile de se porter garants de l'accueil: il faut donner tout de suite l'hospitalité à ceux qui sont arrivés, mais aussi appeler célibataires et familles directement dans les zones à risques afin de leur éviter les voyages de la mort en Méditerranée et la rapacité des passeurs», a-t-il expliqué.

A elles seules, l'Allemagne, la France et l'Italie totalisent plus de 50'000 paroisses, sans compter les communautés religieuses - parfois composées d'une poignée de soeurs vivant en appartement- et monastères.

Plusieurs formes de «violences»

En août, le ton était monté en Italie entre une partie de la classe politique et de hauts responsables de l'Eglise fustigeant, en termes parfois fleuris, l'indifférence de la majorité et l'instrumentalisation électoraliste d'une minorité face à la crise des migrants.

Matteo Salvini, chef de la Ligue du Nord qui réclame régulièrement que tous les migrants soient renvoyés en Libye, avait alors invité l'Eglise à accueillir les migrants au Vatican, poussant la Caritas italienne à rappeler que les structures catholiques accueillaient déjà entre 15 et 20'000 migrants chaque jour en Italie.

Dans un message envoyé dimanche à la rencontre interreligieuse organisée à Tirana par Sant'Egidio, le pape a dénoncé plusieurs formes de «violences», dont le fait «d'élever des murs» afin de «bloquer ceux qui cherchent un lieu de paix» ou de «repousser ceux qui fuient des conditions inhumaines».

(AFP)

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